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Cette année encore, M2A organisera au moins une partie par mois

SEPTEMBRE 2017 :
- Dimanche 17 : Partie du dimanche
- Samedi 30 & Dimanche 1er octobre : participation à l'Opération Red-Dog (LRMA)

#1 2014-08-14 07:43:27

Renan
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[Background] Je panse donc j'essuie...

Voici donc mon BG pour ce chère Romuald, Infirmier militaire Opex des GCP! En espérant que ça vous plaise!

    Le vrombissement était assourdissant. Il est vrais que le Transall n'a pas été conçue pour le confort de sa cargaison, mais tout de même. Le casque appuyé contre la paroi chauffée a blanc par le soleil et la présence des bidasses entassé à l'intérieur, Romuald s'étonnait encore de la capacité des membres de son unité à dormir, malgré les trépidation de l'appareil, les odeurs de mazout et d'aisselles et le bruit omniprésent dans l'habitacle qui aurait fait passer, en comparaison, un wagon a bestiaux pour confortable. Il faut un certain état d'esprit pour sauter en plein vol d'un avion en parfait état de marche, pour sa part et malgré la bonne vingtaines de saut effectué jusqu'à ce jour, Romuald n'était toujours pas sûr de l'avoir. Il faut admettre que l'infirmier parachutiste ne s'était pas engagé par vocation mais plutôt par concours de circonstances. Les trépidations de l'appareil aidant, Romuald se laissa aller à ressasser son parcours, comme souvent dans ses fréquents moments de doute.

    Romuald était entré en école de formation aux soins infirmier après quatre années de merdouillage intensif, quoi de plus normal en somme quand on a la vingtaine que de tourner autour du pot sans trop savoir ce que l'on veux. Sobre de nature, taciturne au premier abord et franchement misanthrope, Romuald n'avait pas le profil type de l'infirmier... Ce qui ne l'empêcha pas de sortir de l'école la tête haute, diplôme en poche et des expériences cocasses plein sa besace. Un court passage en service d'urgence et un stage de pré-pro en milieu secouriste l'avait convaincu qu'il était plus fait pour ramasser des bout de bras sur l'asphalte que pour distribuer des cachets dans une maison de retraite. Rare membre du corps médical et étudiant à ne jamais côtoyer de bouteilles d'alcool, voire franchement éthylophobe, son sérieux à la limite de l'austère avait su convaincre et il avait assez facilement fait son trou. Fort de ses convictions, Romuald était entré en service d'urgence à l'hôpital de jour de Montpellier et y avait perdu quelques illusions sur le sens de son métier. La machine à café semblait avoir plus d'attrait que le travail pour bien de ses collègues et le turn-over semblait dépasser quelques peu la mesure, même pour un service réputé difficile. Le facteur humain... Toujours le facteur humain...

    "Sergent!? Sergent!?" Romuald toujours perdu dans sa méditation existentielle n'avait pas vu le lieut' s'approcher pas plus qu'il ne l'entendais lui beugler à l'oreille.
"HO!!! DOC!!!" Romuald lança à son supérieur un regard d'incompréhension polie.
"Sergent? Vous allez bien?" Hochement de tête... Inutile de se ventiler les cordes vocales en tentant de se faire entendre malgré les quatre rotors de la boite à sardine volante.
"-Je vois... Bon, on a une jeune recrue qui commence a changer de couleur, t'as rien contre le mal des transports!?
-Si! Rester sur le plancher des vaches mais sinon..." Le médic plongea dans son sac et sortie de son compartiment Bobologie une petite fiole d'alcool de menthe et un sucre. Le lieutenant le regarda imbiber le sucre avec un haussement de sourcil, franchement sceptique et considéra l'assemblage que lui tendait l'intéressé comme un poisson considérant une bicyclette.
"-Euh...
-Sous la langue!
-T'as rien de plus... sérieux?
-Non! Je suis infirmier, pas médecin! Pas de prescription médicamenteuse! En plus les cachets pour ce genre de nausée, ça a tendance à défoncer son homme! Je tiens pas à sauter avec quelqu'un qui n'est plus en mesure d'atterrir!"
Le lieut' se saisi du sucre avec l'aire d'une femme du monde se saisissant d'une revue porno
"-Ah y'a pas a dire, la médecine moderne, ça impressionne...
-Un médic, c'est fait pour ça!
-Ouais, ben la prochaine fois je lirais la notice..."
Tout en le regardant s'éloigner, Romuald se laissa replonger en douceur dans le bain tiède de ses souvenirs.

    Les urgences de Lapeyronie donc... Un service particulièrement éprouvant pour les nerfs... Non, rien à voir avec les patients (encore que) mais avec les membres du personnel. Un des défauts des services de prestige, c'est qu'on y trouve principalement des gens avec une grosse... Disons personnalité, pour ne froisser personne. Ajouter à ça les habituels problèmes managériaux et les tensions inhérente à l’existence de l'arbre à singe et vous avez la recette idéale pour que les usagers et les employer se sentent traités comme de la merde. A condition de se laisser atteindre. Certaines choses avaient tendance à glisser sur Romuald comme un pet sur une toile cirée. Il avait donc passé deux ans dans ce service. Il avait vu pas mal de choses et très rarement perdu son sang froid. Il avait en une occasion écrasée sa main sur le visage d'un malpropre mais il avait de telles circonstances atténuantes que l'affaire avait été classée sans suite. Mais tout de même, quand une place s'était offerte à lui à l'hôpital militaire de Carcassonne, Romuald avait sauté sur l'occasion à pied joint. Il y avait rencontré quelques vieux amis: l'excès de consommation d'alcool et les blessures aux tympans! Si les premiers n'avaient pas changé depuis les précédentes rencontre, les secondes étaient moins du aux concerts en vogue qu'au tir à balle réelle sans port de protection adéquate. Il y avait aussi rencontré une ou deux plaies par balle et quelques sérieux traumas osseux.

    Alors qu'il ressassait tranquillement la liste des traumatismes de l'appareil locomoteur qu'il avait eu le loisir de compter a son actif, le transport poussif arrivait à son altitude de largage. Et c'est au moment précis ou le sergent se faisait la réflexion que les parachutistes n'étaient pas en reste question entorse et genoux en vrac que le l'indicatif lumineux de préparation au saut choisi de s'allumer. Romuald y jeta un œil tout en s'assurant que tout son matériel était en place et arrimé solidement: arme, sac médical, casque, petit matériel... Perdre un ciseaux a 660 pieds c'est l'occasion rêvée de faire les gros titre des journaux en transperçant un civil innocent quelques 200 mètres plus bas. En se redressant et en fixant son câble de déclenchement à la longe de sécurité, Romuald aperçu derrière lui la recrue qui supportait mal l'altitude. Sans grand mérite d'ailleurs, le vert lui allait plutôt bien au teint. Romuald se fit la réflexion silencieuse en lui adressant un signe de la main qu'il faudrait qu'il demande au médecin chef de la base de mettre en place un protocole de soin pour pouvoir distribuer autre chose que des sucres à la menthe à ses hommes...

    Après avoir pris ses affectations à Carcassonne et démontré rapidement qu'il était l’infirmier de la situation lorsqu'un homme arrivait lourdement blessé dans les locaux, Romuald fût débauché (il n'y a pas d'autre mots) par l'état major et se vit proposer, après une formation plus que succincte, d'être expédié sur les bases arrières des théâtres d'opération. Il devint donc infirmier officieux au sein du 3e RPIMA le temps que son affectation soit officialisée. Six-mois plus tard il partait pour l’Afghanistan, sans aucune réelle formation militaire et pour passer un temps certains, dans diverses FOB et poste arrières. A sa grande surprise, le jeune homme s'y trouva comme un poisson dans l'eau d'autant plus qu'on lui demandait plus de savoir par quels bout prendre un stéthoscope que par lequel prendre un FAMAS. Toutefois, la proximité avec les soldat aidants et bonnant-mâlant, Romuald fit ses classes et appris a se servir d'à peu près tout ce qui pouvait lui atterrir entre les mains, du fusil d'assaut à la grenade en passant par le lance roquette. Simple curiosité au départ, il fini par y prendre goût.

    Y prendre goût... On à beau être élevé par des antimilitaristes et avoir plus qu'un penchant pour le pacifisme, les gros flingues restent des jouets de garçons. C'est avec un sourire que Romuald serrait la sangle de son propre FAMAS et se penchait pour s'assurer que le soldat devant-lui avait bel et bien pris le temps de vérifier son propre harnachement. Avoir déjà eue à charge un candidat au saut de l'ange sans parachute n'aidait pas le sergent à faire une confiance aveugle à son matériel. Une tape sur l'épaule lui confirme que son propre équipement avait bel et bien été contre-vérifié et qu'il donnait satisfaction à l'homme dans son dos. Une tape sur l'épaule, la confirmation que tout est paré remonte au chef de saut. Le saut est imminent maintenant...

    Un ans et demi de MITHA... Un ans et demi à partager la vie des bidasses à intervalles et pour des durées plus ou moins longues. A force, ça fini par créer des liens! Il avait rencontré xxx sur une FOB d'ailleurs et avait apprécié le gradé très vite. Les deux hommes s'étaient liés d'amitié et quand xxx était rentré blessé du front, Romuald avait mis un point d'honneur a s'occuper de lui autant que possible. Et c'est en le soignant qu'il s'était fait la réflexion que c'est finalement au plus près des combats qu'un vrais secouriste pourrait être le plus efficace... "On aurait bien eu besoin d'un type comme toi là-bas!" la simple remarque de xxx avait suffit. Une idée lancée en l'air mais après-tout... Pourquoi pas!?

    La porte arrière du Transall basculait lentement sur ses vérins hydraulique comme une vulgaire porte de frigo mais en nettement plus impressionnant. Le bruit n'eut été aussi assourdissant, celui du panneau arrière aurait été plus notable. Voir le paysage d'aussi haut était toujours un choc pour Romuald. C'était aussi beau que haut. Il y a quelque chose d'indescriptible à contempler le sol qui semble presque immobile à une telle distance quand l'appareil, lui, dépasse allègrement les 900 kilomètres par heure.

    Faire ses classes n'avait pas été bien long. Apprendre à réagir en Bidasse et non pas en infirmier avait été plus long. Accepter que sa propre sécurité comptait plus que celle de ses camarades entre autre... Mais quoi de plus logique!? Un homme à terre est potentiellement secourable tant que le Médic est sur pied... Mais si le médic tombe... Le stage commando n'avait, bizarrement, pas posé problème à Romuald. Habitué à des situations dantesques et ayant grandi à la campagne, manger des larves et se traîner dans la boue n'avait pas été bien compliqué. La certification Parachutiste avait été bien plus dur à passer et l'instructeur se rappellerait longtemps du couinement de panique en forme de "OHPUTANJ'VAISMOURRIIIIIIIIIIIIIIIR!!!" qui l'avait frôlé lors du premier saut, déformé par l'effet Doppler... Et puis la voile s'était ouverte et le futur sergent avait été à ce point secoué par la vue et les sensations qu'il en avait oublié de manœuvrer et s'était écraser dans un poirier. Il y avait attendu patiemment les secours en mangeant des poires...

    Une sirène grave retenti, a ce stade, Romuald ne pense plus a rien. Le signal lumineux est passé au vert dans un silence absolu et les premiers hommes ont avancé, houspillés par le chef de saut qui scande avec conviction "GO! GO! GO!" à chaque homme qui passe devant lui.

    Il en avait fait des sauts depuis le premier. Ils avaient tous quelque chose de spéciale et, quoiqu'il tente pour s'y habituer, Romuald ne parvenait pas à faire en sorte que cela devienne routinier. Il avait sauté sur l’Afghanistan, avait été déployé à Haïti après la catastrophe, il avait vu l'Afrique depuis le panneau arrière d'un Transall.

    La rangé de soldat devant lui vient à son tour de basculer dans le vide. Romuald n'entends même pas le chef de saut lui signifier que c'est a lui. Non, il n'a pas besoin qu'on le pousse, la perspective seule du saut suffit à le faire avancer.

    Si le sergent avait un défaut, c'est qu'il n'avait jamais vraiment été militaire. Même sous un treillis, même en répliquant à des tirs mal ajusté l'arme à la main, il préférait et préfère encore servir son pays en soignant ses enfants qu'en en tuant les ennemis. La rage et la déception qu'il avait ressenti à perdre un camarade avait été bien plus dur à vivre au sein de son unité qu'au service de jour ou en hôpital de ville. Pour tout dire, elle brûlait toujours en lui.

    Enfin, son pied droit vient toucher la ligne noire et jaune délimitant l'intérieur du Transall du vide qui le sépare encore du sol. Ses orteils sont à l'extérieur, Romuald écarte les bras, instinctivement et bascule en avant, toute sensation de poids disparaît. Pendant un instant toujours trop court a ses yeux, le Sergent n'est plus une créature terrestre. Le contraste entre le bruit mécanique de l'appareil et le sifflement fantomatique du vent, presque silencieux à cette altitude l'hypnotise à chaque fois...

    Oui, Romuald se fait très mal à l'idée qu'un homme placé sous sa responsabilité puisse ne pas rentrer. C'en est presque devenu une obsession. Une vraie mère poule... Voilà comment le voit la plupart des hommes qu'il a eut à soigner ou qu'il a côtoyé. Seulement, quand c'est de sa vie qu'il s'agit, on apprécie de voir qu'au moins une personne se sent concernée. C'est sans doute ce qui fait que le Sergent reste plus qu'apprécié par les membres de son groupe et que leur leader s'assure de ne pas le voire changer d'affectation.

    La longe s'est tendue, le volant s'est libéré de sa gangue et, entraîné par la vitesse, la voile s'est déployée. Le choc est rude mais pas tant que ça. Le contraste et le silence du vol reste saisissant. Incapable de faire autrement, Romuald contemple le monde se dérouler sous lui. Pour le moment, rien ne peut l'atteindre... Pour le moment...


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"Lourd est le parpaing de la réalité sur la tartelette au fraises de nos illusions"
Boulet

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#2 2014-08-14 13:43:16

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Re : [Background] Je panse donc j'essuie...

Un background bien sympathique wink


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#3 2014-08-15 11:35:58

Peanut's
Orga Concord
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Re : [Background] Je panse donc j'essuie...

très, le gars il vient pas vendre du muguet !


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