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Programme de l'été:
- 20 juillet : Aménagement du terrain

#1 2012-12-01 23:12:23

Alumyx
Orga SniperGolf
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Philantropy, Unité Irbis HIG, Xia Feiji

Bon, vu que je vais attaquer dans très peu de temps la rédaction du scénario de notre court métrage, et vu aussi que l'on vous ressort notre unité Irbis du carton, je vous présente le début du background de mon perso, tout en finesse. Je vous promets un scénario sur le même ton, puis je laisserais ma place à nos spécialistes du story board. ^^



Juin 2008, région de Xinjiang Uyghur (extrème occident de la Chine).

La journée avait commencé comme d'habitude avec un réveil à 6 heure pour le dortoir de la promotion 94. Les 25 enfants se levèrent rapidement, firent leur lit, et se rendirent au réfectoire, où, comme d'habitude, un solide petit déjeuné les attendait, au moment où les 5èmes années finissaient le leur.
Bài n'avait jamais apprécié ce repas matinal, mais il était évident que ne pas manger serait une très mauvaise idée, particulièrement aujourd'hui. Et comme d'habitude, il mangea donc ses céréales jusqu'au moment où le dégout de la nourriture s'équilibrait avec sa peur du coup de barre.

Tous les ans, c'était la même appréhension, la même peur de décevoir, la même crainte d'être montré du doigt. Et ce n'était pas son physique qui l'aidait devant ses angoisses : au milieux de 24 asiatiques pur souche, il était le seul occidental de sa promo, ce qui lui avait valu son nom : Bài, blanc en mandarin.
Bài avait beau être plus grand que ses camarades, cela ne lui avait jamais permit d'obtenir un quelconque respect : à quatorze ans, il ne fait pas bon être différent. Cependant, aujourd'hui, ses camardes avaient autre chose en tête. Tous le savaient l'épreuve de fin d'année était décisive, surtout celle de 4ème année.
Après une toilette rapide, il alla chercher son QBZ-95. Tout était fin prêt, il avait passé la veille à démonter / nettoyer / remonter / régler son arme, mais son instinct le poussait à vérifier une fois de plus son fusil. La sonnerie de 7 heure l'en dissuada : il était temps.


L'épreuve de 4ème était la plus redouté des jeunes élèves, car c'était elle qui décidait de l'orientation future des enfants en fonction de leurs résultats aux différentes épreuves de tirs. La tension était palpable, et les vingt cinq soldats arrivaient à tour de rôle devant l'immense bâtiment 12 qui abritait le parcours de tir en CQB : du combat en espace réduit. Long de prêt de 200 mètres, construit de plain-pied et dénué de toit, le bâtiment, résonnait déjà de multiples détonations.
La blancheur des murs ponctué d'innombrables impacts de balles tranchait nettement avec l'ocre du haut plateau désertique du Xinjiang où il était construit, non loin de la base principale. Sur des passerelles au dessus des murs, des examinateurs prenait des notes, tout en suivant les participants via un réseau complexes de caillebotis.
Bài passait parmi les derniers, en 21ème position exactement, et cela ne faisait qu'augmenter son niveau de stress. Ses camarades, rassemblé sur des bancs adossé au bâtiment, n'étaient guère mieux loti. Ils présentaient tous des signes plus ou moins évident de nervosité. Le fort vent de sable qui était en train de se lever sifflait à travers les passerelles. La tension était collective : cela allait de la simple transpiration, inhabituelle vu la fraicheur de la matinée, jusqu'à l'agitation excessive de Shénjīng, qui avait déjà vidé deux fois tous ses chargeurs avant de les grailler à nouveau, en prenant soin de vérifier l'état des étuis un par un.

Au moment où l'instructeur appela le matricule 94.067, toute la concentration qu'avait péniblement rassemblé Bài s'effondra subitement. Qu'importe, il ferait de son mieux.
L'homme qui s'adressa à lui parlait vite et fort. Il était difficile de retenir ses consignes, tant son haleine répugnante focalisait l'attention. Pourtant, le militaire présentait bien : la trentaine à peine entamé, grand, un physique de combattant, et de nombreuses décorations sur son uniforme prouvant qu'il n'était pas là par hasard. Les instructions se résumait à des règles d'engagement précises : on ne tire que sur des cibles d'hommes en arme. Toute cible civile abattu est éliminatoire. Le parcours est chronométré, et les munitions sont limités à 8 chargeurs, soit 240 étuis de 5,8x42. La note finale prend en compte la position des impacts, le temps, et le nombre de coups tiré.


Au moment ou la sirène du départ retenti, Bài s'élança en oubliant toutes les angoisses qui le rongeaient depuis des semaines. A la troisième pièce, il avait déjà pris son rythme : lent, mais très précis, méthodique, et économe en munitions. Il ne doublait que très peu ses tirs, et laissa son arme en semi-automatique durant toute l'épreuve. Visiblement, ce n'était pas le cas des camarades qui l'avaient précédé tant le sol était jonché de douilles. Plusieurs fois, il failli même tomber en glissant sur les cylindres de laiton, qui résonnaient sous ses pas d'une étrange mélodie métallique, au milieux du bruit assourdissant des coups de feu.
A l'instant où Bài rentra dans la dernière pièce, ce n'était déjà plus le même. En quelques minutes, l'enfant était redevenu ce robot programmé à la perfection que les autorités chinoise formaient dans le plus grand des secret au milieux de ce désert d'altitude.

Une dernière pression sur la détente, un dernier coup de feu, puis la demi douzaine de rebonds de l'étui sur le sol bétonné qui tinte au milieux des derniers échos des détonations. S'en suit un silence de quelques secondes qui semble durer des heures. L'air semble plus chaud, et une forte odeur de poudre flotte dans la pièce, pourtant exposé aux éléments. Dans une sorte d'étrange torpeur, Bài regarda le panneau d'affichage : 6 minutes 22, c'est loin d'être un bon temps, mais les 5 chargeurs pleins qui encombrent encore son gilet de combat devraient jouer en sa faveur.

Une nouvelle sirène retenti. Bai désengagea son chargeur, enleva la cartouche chambré, et remit toutes ses munitions restante à un instructeur. Fin de la première épreuve, et déjà le stress qui commence à remonter...


La seconde épreuve était la plus redouté des élèves, car c'était la plus physique. Le tir de combat, avec son parcours de montagne en avait fait craquer plus d'un l'an dernier, et la promo 93 avait vu ses effectifs diminuer de manière considérable.

Peu après l'épreuve de CQB, les élèves avaient été réparti dans 3 camions bâchés, et le petit convois avait roulé près de 2 heures dans la poussière des pistes. Rapidement, ils s'étaient éloigné du haut plateau pour s'enfoncer dans une profonde vallée, qui montaient interminablement. La piste était si mauvaise qu'ils durent même descendre du camion lors d'un passage délicat sur une corniche.

Lorsque enfin les camions s'immobilisèrent, le soleil était déjà haut dans le ciel, et le vent soufflait toujours aussi fort, soulevant une quantité impressionnante de poussière. Le convoi s'était garé à proximité d'une masure adossé à la montagne. Le bâtiment devait certainement servir de relai à l'époque des caravanes. Il marquait le point culminant du col qu'ils venaient d'emprunter. Un col si encaissé que la vue se limitait à la piste sinueuse dévalant la pente, enserré sans pitié par des flans désertiques balayés par le vent. Les élèves attendaient dans le froid pendant que les instructeurs discutaient entre eux. Bài écoutait ses camarades en silence. Physiquement, il se savait prêt pour l'épreuve, mais comme c'était une épreuve de groupe, il craignait d'être mis de côté. Durant le trajet, les enfants avaient bien sur parlé de l'épreuve du matin, en échangeant leurs performances respectives. Visiblement, la plus part n'avaient pas cru Bài lorsque il avait annoncé le nombre de cartouches qu'il avait tiré. Cela avait été le sujet de nombreuses moqueries dans le camion.

On finit par faire entrer les élèves dans la masure, qui, bien que minable, était décemment chauffé. De nombreux membres de la base étaient présents, en particulier un grand chauve de l'armurerie que Bài connaissait un peu. Celui ci distribuait de nouveaux chargeurs aux enfants, toujours au nombre de huit. Seule variante, une ration de combat s'ajoutait à l'équation.

Un gradé fit un rapide briefing : 5 groupes de 5 allaient être formé, et ils partiraient toutes les 30 minutes. Ils devaient progresser via un itinéraire strict. Par endroit, des cibles devaient apparaître : le temps que mettrait le groupe pour les repérer et les éliminer serait alors noté par un militaire caché à proximité. Toute cible non repéré était éliminatoire. La notation prenait aussi en compte les réactions du groupe, ainsi que le temps total mis pour parcourir les 20 kilomètres du tracé.

Vint ensuite la mise en place des équipes. A son grand soulagement, Bài était avec Míngzhì, un solide gaillard avec qui il s'entendait plutôt bien. Míngzhì était un leader née, quelqu'un capable de diriger des hommes de manière équitable et judicieuse, ce qui lui avait valu son nom de « sage ». Des trois autres membres, seul Fènnù déplaisait réellement à Bài : Fènnù était autant connu pour ses mauvais tours que pour ses colères, et dans les deux cas, Bài en était souvent la cible.

Les instructeurs à l'inventivité toute militaire avaient baptisé les groupes « Alpha, Bravo, Charlie, Delta et Echo ». Et le groupe Bravo devait bien sur partir en second. Les équipes furent réparti sur des tables branlante, ayant au moins de l'age des murs, et un pique nique militaire fût improvisé : il était midi passé à le pendule agrippé au dessus de la cheminé qui enfumait autant la pièce qu'elle ne la chauffait. Étonnamment, sa ration lui paru succulente. C'était pourtant l'assurance d'une constipation sans failles pour les 24 heures à venir, des flatulences terribles, et la certitude d'avoir avalé son lot de produits chimiques divers allant du simple médicament pour le mal d'altitude en passant par des produits plus « éxpérimentaux » comme des stimulants et autre drogues de combats qui ne disaient pas leurs noms.

Après le repas, on discuta tactique et hiérarchie. Míngzhì prit naturellement le commandement du groupe. Il fut décidé de progresser en épi. Fènnù prendrait la tête : c'était le meilleur moyen « de le tenir ». Míngzhì, qui n'avait jamais douté des performances au tir de Bài lui atribua la queue du convois. Ce sera donc à lui de couvrir les arrières, un rôle peu agréable, mais qui était justifié pour un bon tireur.

Alors que le groupe Alpha partait, un officier apporta la carte du parcours. Celui ci comprenait deux cols à plus de 3000 mètres d'altitude, et un dénivelé qui aurait déjà eu de quoi faire frémir des alpinistes chevronnés. A peine le temps d'étudier les points probables d'embuscades que, déjà, Bravo devait partir à son tour...

Il était 13 heures passé lorsque le petit groupe se mit en marche. Le soleil était presque à son apogée, mais c'est tout juste si l'on pouvait le distinguer tant l'atmosphère était chargé de poussières charrié par un vent dont la force allé crescendo depuis l'épreuve de CQB. A plus de 2500 m d'altitude, le froid était tenace, bien que l'été ait été déjà bien entamé. Les rafales traversaient les vêtements, à tel point que l'effort physique était un soulagement pour rester au chaud.

Míngzhì, qui marchait devant Bài, donnait les ordres, et guidait l'escouade. Le parcours du groupe Bravo quitta rapidement la piste pour s'engager dans un sentier à flan de montagne. Celui ci était fortement dégradé, et rapidement, la formation en épis du laisser place à une colonne bien plus classique.

Une routine commençais à s'installer lorsque Fènnù cria « CONTACT !!! » pour la première fois. Les automatismes prirent aussitôt le dessus. Le soldat de tête se jeta à plat ventre pendant que celui qui le suivait se mit à genoux. « 3 cibles, à onze heure ! ». Une dizaine de coups de feu qui claquent dans le sifflement du vent, avant que les échos des détonations ne se perdent dans la vallée. Bài crispé observa les arrières du groupe, mais aucune autre cible ne pointa son nez. Seule une étrange silhouette se détachait sur la parois de l'autre côté de la vallée : sans doute les examinateurs qui observaient les réactions au feu des élèves.

Le deux accrochages suivant furent du même acabit : le groupe réagissait vite et proprement. Par courtes rafales, les cibles étaient promptement jetés au sol. De sa position, Bài n'avait pas encore tiré une cartouche. En progression, il marchait fréquemment à reculons pour surveiller ses 6 heures, manœuvre souvent acrobatique sur ces sentiers en dévers, mais surtout fatiguante.

Lorsque l'escouade Bravo arriva en vu du premier col à plus de 3000 mètres, la tension fit un bon en avant. La zone étant bien plus dégagé, elle était propice aux embuscades. Sous le couvert d'un immense rocher à l'entré de la zone, Míngzhì donna de nouvelles consignes : le groupe repassa en formation épis, 10 mètres entre chaque soldat, progression rapide pour retrouver au plus vite le couvert des rocs saillants de l'autre versant.

L'embuscade était si prévisible que Míngzhì se contenta de crier « Flan gauche ! ». Les deux soldats de tête coururent se mettre à l'abri pendant que leurs camarades avait entamé un tir de couverture. 2 cibles étaient déjà au sol lorsque Bài se rendit compte de la situation : l'attaque par le flan n'était qu'une diversion. Une dizaine de cible venait d'apparaitre dans son dos pendant que d'autres silhouettes métalliques s'érigeait peu à peu à proximité de Fènnù et de son acolyte.

« A couvert, c'est une tenaille ! ». Les trois soldat qui fermaient la marche se jetèrent au sol pendant que la tête du groupe faisait son possible pour coucher les plaques d'acier au rythme de leur apparition.

« Xiǎo, Bài, couvrez moi, je vais rejoindre Kuài et Fènnù ! » Les balles adverses se seraient réellement misent à pleuvoir que Míngzhì n'aurait pas pu courir plus vite tellement sa course était impressionnante. Bài avait presque déjà vidé son deuxième chargeur lorsque il fut appelé pour rejoindre le groupe de tête. Il connaissait bien la raison de cet ordre de départ : lorsque ce serait au tour de Xiǎo de les rejoindre, il faudrait continuer à éliminer les cibles qui les prenaient à revers, et pour cela, il faudrait tirer dans la direction de leur camarade. Autant les cibles étaient inertes, autant les cartouches qu'ils tiraient n'étaient pas factices. Le risque de blesser mortellement Xiǎo lors de la manœuvre était présent dans toutes les têtes, mais nul doute que les examinateurs qui suivaient la scène au spoting-scope à presque 1 kilomètre de là ne manqueraient pas de sanctionner un mouvement sans couverture...

Avant de se relever, Bài tapa l'épaule de son camarade pour lui signaler son départ. Puis tout alla très vite. Soixante mètres de sprint, et tout juste le temps de compter une 20ène de cibles au sol. Entre deux rochers, Bài fit volte face en se débarrassant de son chargeur presque vide.

« Xiǎo, à toi ! » Aussitôt, l'enfant se releva, laissant derrière lui d'innombrables douilles brulantes, et couru en direction du groupe qui éliminait les dernières cibles dans leur voisinage. Bài aligna quelques cibles isolés, mais plus Xiǎo se rapprochait, plus son angle de tir diminuait. Les quelques secondes que durèrent les derniers mètres de la course lui parurent durer une éternité. Par deux fois, la trajectoire de ses tir passa à quelque centimètres des jambes de son camarade. Lorsque il furent enfin tous à l'abri, ce fût sous un feu nourri de couverture que Bài pu éliminer la demi douzaine de cibles restantes. Lorsque la dernière silhouette métallique s'abattit avec fracas sur la roche, tous stoppèrent immédiatement de tirer. Pendant que ses camarades rechargeaient à tour de rôle, Míngzhì observa la zone avec une paire de jumelles. La visibilité était meilleure à cette altitude, et rapidement, ils eurent la certitude de n'avoir laissé aucune cible debout. 37 objectifs en a peine plus d'une minute, le score devait être honorable.

S'en suivit plus de 10 kilomètres sans aucun contact. 10 kilomètres où le stress montait en flèche. Fènnù levait de plus en plus fréquemment le poing pour stopper la colonne. Les cinq enfant se mettaient alors instantanément à genoux, et chacun choufait dans la direction qui lui était attribué. Le temps ainsi perdu ne faisait que croitre la tension, et lorsque le deuxième col fit son apparition, ce fût une véritable épreuve pour les nerfs. La zone était encore plus dégagé que celle de la précédente embuscade. Seul un immense kern au sommet duquel flottait une multitudes de fanions multicolores se détachait sur le sol rocailleux. Le vent était si violent que les lambeaux de tissus claquaient dans l'air comme des coups de fouet. Mais une fois de plus, aucune cible n'apparut.

Il était alors près de 17 heure, et Bravo avait quitté depuis longtemps les sommets lorsque l'objectif s'offrit aux regards, à l'autre extrémité d'un immense plateau. Il s'agissait d'un abris de fortune en pierre sèche, suffisamment grand pour loger quatre hommes, et autant de chevaux. La battisse ne comprenait que 2 ouvertures : une petite fenêtre aux carreaux brisés, et une vielle porte de bois branlante. La piste qui menait à la masure serpentait entre d'immenses rochers aux formes lissés par le vent. On aurait dit qu'un géant avait semé des graines aux formes extravagantes dans un champ désertique. La lumière de cette fin d'après midi était chaude, et le vent de sable avait presque cessé.

Les rochers étant suffisamment grand pour cacher des hommes, le groupe progressa alors en ligne. Bài était sur le flan droit, tous les sens aux aguets. Arrivé à 300 mètres de l'objectif, Míngzhì donna de nouvelles consignes : pendant qu'il donnerait l'assaut frontal avec Fènnù et Kuài, Bài partirait avec Xiǎo en couverture pour se placer en tireur embusqué à une centaine de mètres de la petite fenêtre. Le briefing se termina lorsque le leader donna sa paire de jumelle à Xiǎo.

Le binôme progressa lentement, jusqu'à une grosse centaine de mètres de la bâtisse. Bài s'allongea le long d'un rocher, la petite fenêtre en ligne de mire, tandis que son camarade prenait de la hauteur pour observer la zone. Pendant ce temps, le reste du groupe continuait sa progression par le flan, toujours en ligne.

Le temps semblait s'être stoppé. Pas un bruit, pas même un souffle de vent. Le calme avant la tempête. En bon leader, Míngzhì prit les devants. Ses deux camarades se tenait de part et d'autres de la porte. La radio crépita, et une voix à peine audible lâcha :

«  Xiǎo, la voie est libre ?
- Aucun visuel par la fenêtre, pas de mouvement aux alentours.
- Ok, on y va.».

Bài observa la scène depuis son poste, à travers la mire de son fusil d'assaut : Míngzhì était agenouillé à un bon mètre de la porte, le fusil épaulé, prêt à faire feu. Kuài entrouvrit rapidement la porte, pendant que Fènnù lançait une flashbang dans l'ouverture. Une seconde plus tard, une sourde explosion retenti. Les quelques morceaux de verres qui étaient encore attachés au cadre de la fenêtre volèrent en éclats, et un nuage de poussière se souleva au dessus du toit de pierre. Dans le même temps, Kuài défonça la porte d'une coup de pied, et s'engouffra dans la pièce. On entendit alors une paire de tirs doublés, puis le silence. Rien ne bougea dans les environs de la cabane. Ce fût finalement Xiǎo qui rompu le silence :

« Quelle est la situation ?
- Deux cibles au sol, RAS. Restez en position, on fouille l'objectif.»

Dix minutes plus tard, un camion bâché apparu. Un instructeur descendit, mais le chauffeur resta au volant. Le vieux moteur diésel tournait au ralenti, en crachant un épais nuage noir. L'homme se dirigea d'un pas sur vers la masure, il faisait dos au binôme et Bài ne le reconnu pas. Devant la porte qui tenait encore debout plus par principe que par conviction, Míngzhì salua au garde à vous le supérieur. Après quelques échanges, la radio se fit à nouveau entendre :

« Mission terminé, on bouge. Retrouvez nous au camion. »

Fin de la deuxième épreuve. Les cinq enfants profitèrent du trajet cahotant pour avaler une barre énergétique. Aucun ne prit la parole : il était inutile de parler. Le camion revint rapidement sur une piste qui peu à peu descendait en direction la base. La journée devait se terminer par une épreuve de tir de précision. Du fait de sa munition de 5,8x42 comparable au 5,56 NATO, le QBZ-95 a une portée utile limité à 300 mètres. Pour autant, tirer dix balles dans une cible de cinquante centimètres de diamètre à prêt de 200 mètres sans aucune optique de visée n'est pas forcément évident... Tous tentaient de se décontracter, sachant pertinemment que physiquement, le plus dur était passé. C'était maintenant une épreuve de concentration. Pour Bài, la tension baissa d'un cran : il se savait alaise sur ce type d'épreuve, et il profita donc du trajet pour sélectionner les balles dont l'ogive avait le moins souffert dans ses chargeurs, et il grailla ses dix meilleures découvertes dans un chargeur qui semblait sortir de l'usine tant il était neuf.

Le repos fût de courte durée, car, déjà, le camion s'immobilisait. Le chauffeur se gara à côté de deux autres véhicules et coupa le contact. Aux côtés du groupe Alpha, parti le premier, se trouvait le groupe Charlie, pourtant parti plus tard. Équipe disqualifié ou progression rapide ? Personne n'osa poser la question. La zone de tir était extrêmement vaste. Les tireurs d'élites de la base s'y entrainaient presque quotidiennement, et on pouvait distinguer des cibles à plus d'un kilomètre. Au niveau du pas de tir des 200 mètres se trouvait vingt cinq drapeaux, tous numérotés. Bài distingua rapidement le numéro 94.067 : sa position était sur le flan.

On attendit les deux groupes suivants qui arrivèrent presque simultanément trois quart d'heure plus tard. Les 10 enfant rejoignirent les premiers arrivés, et un nouvel instructeur prit la parole :

« Vous avez aujourd'hui passé deux épreuves : le tir en CQB et le parcours en montagne. Dans les deux cas, la précision au tir était importante, mais pour cette troisième épreuve, ce sera votre seul objectif. Vous avez jusqu'à 20 heure pour tirer 10 balles dans votre cible, et réaliser le meilleur carton possible. Pour ceux qui seraient en manque d'étuis, il y a une caisse à munition à côté du petit bâtiment là bas. Cette épreuve n'est pas éliminatoire, mais les meilleurs d'entre vous se verront proposer la formation de TE/TP. En position ! »

Il était 18h40, le temps ne pressait donc pas. Alors que quelques enfants tiraient leurs premières cartouches, Bài s'assit devant sa position, et entreprit de démonter son arme. Il le savait, une arme propre tirait toujours mieux qu'une arme poussiéreuse. Et ce n'était pas la poussière qui avait manqué cet après midi ! Il sortit alors son kit d'entretien, et récura du son mieux tout le mécanisme en insistant au niveau du canon.

Tout en remontant soigneusement son arme, il observa que Míngzhì l'avait imité : ce n'était pas forcément un très bon tireur, mais il était patient et méticuleux, deux qualités importantes pour réaliser un bon score.

Vingt minutes avaient passé, et alors que la majorité des enfants en avaient finis, Bài n'avait toujours pas tirré une seule cartouche. Il s'en mordit d'ailleurs les doigts voyant que le vent se levait à nouveau : sur une trajectoire de 200 m, le faible poids de l'ogive de 5,8 était très pénalisant par fort vent. Mais comme il lui restait encore une heure, Bài ne s'affola pas et laisser passer les rafales. Une fois de plus, Míngzhì calqua sa stratégie sur la sienne, mais lorsque le vent tomba un peu, une demi heure avant la fin de l'épreuve, celui ci fut plus prompt à réagir. En un peu moins de deux minutes, il réalisa un score tout à fait honorable, et s'en alla soulagé.

Dans le même temps, Bài avait tiré 4 cartouches, et n'avait pas à rougir de son groupement, pour le moins exemplaire. Mais déjà le vent se remettait à souffler... Les 200 mètres dégagés du champ de tir étaient balayés par de un terrible vent de sable latéral. La quasi totalité des enfants et des encadrants allèrent alors s'abriter dans les camions. Bài se retrouva isolé sur le champ de tir. Seul restait en recul l'instructeur de tir, qui faisait son possible pour se protéger le visage dans le col et la capuche de la veste militaire.

Bài n'avait pas cette possibilité. Il s'était pourtant allongé le long de son sac qui faisait un peu coupe vent. Au moins, son arme ne souffrirait pas trop de la tourmente. Le temps s'écoulait implacablement, et c'est sans aucune hésitation qu'il tira trois cartouches coups sur coups alors qu'une très brève accalmie pointait son nez. Mais déjà, le vent reprenait le dessus... Par moment, la poussière soulevé du sol masquait même intégralement la cible ! Pour le jeune soldat, c'était maintenant une certitude : sa stratégie avait été mauvaise, et ce n'était pas dans les 15 minutes restantes que la situation allait s'améliorer.

Mentalement, il se rappela ses grilles de correction de tir. Malheureusement, on ne retenait pas souvent ces valeurs pour des distances aussi grande, et par dessus tout pour une vitesse de vent aussi forte ! En s'aidant de branchages poussés par les bourrasques, Bài l'estimait à 80 km/h de moyenne, avec des rafales à plus de 120 km/h. Peu à peu, l'enfant retrouvait les résultats des calculs. La correction était pour le moins importante, et jamais il n'avait pu expérimenté un tir dans ces conditions... Peu importe, c'est en forgeant que l'on devient forgeront ! La seule condition au tir était maintenant d'éviter les turbulences provoqués par les salves d'Eole.

Au premier coup de feu, Bài eu de gros doutes sur la réussite de son tir... Mais après vérification aux jumelles, le 8ème impact était bel et bien logé dans la cible, bien que la correction aurait mérité d'être plus importante. Prenant en compte ce nouveau paramètre, il tira une nouvelle fois, et cette fois ci, plus de doutes, il était au centre. La balle avait percé la cible juste à côté de son premier groupement. Pour se rassurer, l'enfant compta alors les étuis jonchant le sol, éparpillés sur sa droite. Ils étaient bien au nombre de neuf. Il les ramassa un par un : seuls les deux derniers étaient encore chaud. 19H54... Plus que 6 minutes : c'était amplement suffisant. Bài désengageât son chargeur qui était maintenant vide, et celui ci alla retrouver les étuis dans la dump pouch de son gillet. Seul restait l'ultime balle dans la chambre de l'arme. La dernière pression sur la détente se fit machinalement, sans aucune hésitation. A ce moment précis, et malgré le vent et la poussière, c'était comme si le jeune soldat avait pu suivre la trajectoire de l'ogive dans cette atmosphère surchargé de particules. Il n'eut pas besoin de vérifier pour savoir que son dernier tir était le meilleur de sa série.

Bài ramassa la douille encore brulante et la serra fermement dans son poing : la journée était terminé... Enfin !


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#2 2012-12-02 11:20:30

Raph
Yololo
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Re : Philantropy, Unité Irbis HIG, Xia Feiji

On veut la suite !

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