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Programme de l'été:
- 20 juillet : Aménagement du terrain

#1 2012-10-14 13:53:18

Renan
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[Background] De La Suisse, Naturellement...

Vous le savez, je suis un GNiste! Un joueur de jeux de rôle! Alors, un Back-ground, qu'est ce que c'est? Et bien c'est l'histoire du personnage qu'on interprète!

Ici, il s'agit de l'histoire de Ronan Fonti, né a Fionnay en Suisse Romande en 1982 à une date exacte qui s'est perdue dans les papiers, d'un père pianiste suisse-romand et d'une mère descendante en chute libre de l'aristocratie suisse allemande, entre au centre de formation militaire de Genève pour la première fois à l'âge de 16 ans lors d'une journée porte-ouverte. Procrastinateur patenté et flemmard invétéré, Ronan végète à rien dans un cycle d'étude généraliste dont il sort de justesse à ses dix-huit ans pour intégrer le centre de formation militaire de Lausanne. Incapable de se décider ou même de montrer un quelconque intérêt pour quoi que ce soit, Ronan voit dans son service militaire une façon comme une autre de se forger un avenir. Formé sur Fas 90 (sig 550) il est remarqué pour ses aptitudes physiques et pour ce qui est pris, à tort, pour de la patience quand il s'agit de paresse. Orienté dans le 3em bataillon de grenadier, il est repéré pour ses prouesses au tir et passe une formation de TIFLU puis de tireur d'élite au centre d'Isone ou il est formé sur Sako et PGM hecate II qu'il réussi de justesse. Il sera surnommé "Drei Schuss" (Trois tirs) par ses instructeurs à cause de sa manie de rater ses cibles deux fois avant de les toucher.
A l'entraînement cependant, jamais pendant les épreuve!
Réserviste au sortir de sa formation, il prend la première décision de sa vie à 19 ans et entre dans l'armée régulière Suisse. Contrairement à ce à quoi s'attendaient sa famille, ses instructeurs et ses amis (peu nombreux), Ronan s'intègre parfaitement et sa légère sociopathie ne semble en aucun cas l'handicaper!

La carrière militaire de Ronan est assez mouvementé, souvent volontaire, il a été déployé au Kosovo et à la frontière Coréenne et très souvent envoyé sur des théâtre d'opération urbain pour appuyer la police. Il fut rapidement promu et grimpa les échelons jusqu'au grade de sergent. Il a aussi été déployé pour des missions pas franchement officielle...
A 23 ans il est sélectionné pour un programme d'échange militaire entre Suisse et Etats unis et entre officiellement a l'USMC au centre de formation des Sniper.
Placide mais loin d'être con, il y vit très mal sa "formation" qu'une espèce de rage sourde le pousse à terminer envers et contre tout! Annimé d'une forme très particulière de rebélion, il gravera "Ab hoc possum videre domuum tum*" sur son fusil personnel en guise de pied de nez à la devise "Semper fidélis".
Il sera déployé en afghanistan et sera "sacrifié" sur une opération qui aura dégénérer. L'état major parlera pendant un temps d'une statue à sa bravoure, puis d'une décoration à titre posthume qui fini en fait par une ligne dans les registre pour manquement à l'étiquette. Et Ronan, agé de 27 ans est abandonné, laissé pour mort.

La mission qui lui a "coûté la vie" était une mission un peu particulière sur le démantèlement d'une PMC soutenue par Armtech. Officiellement, il s'agissait de supprimer le leader de la PMC officieusement, Ronan a été jeté en pâture en espérant qu'il ferait diversion suffisamment longtemps pour permettre le test d'un Metal Gear adapté aux conditions désertique.
Malgré la destruction presque total du camps par l'engin Ronan parvint à survire en évitant de justesse une irradiation mortelle en se planquant dans une chambre froide.

Touché sévèrement et massivement irradié, Ronan embrassera la carrière de mercenaire dans l'espoir de payer rapidement les soins dont il a un besoin vital.
C'est Philanthropy qui les lui fournira en échange de son entière coopération avec eux, coopération acceptée et envisagée avec joie! Ronan ne quitte plus ses pastilles d'iodes et est contraint de suivre un traitement rigoureux pour éviter de dégénérer.

Ca c'est le résumé! voici venir le détail =x


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#2 2012-10-14 13:55:06

Renan
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Re : [Background] De La Suisse, Naturellement...

Put*** d'métier!

Les magnifiques alpages Suisses! Vertigineuses montagnes jeunes à l'échelle géologique mais diablement vielles à l'échelle humaine. Au nord ouest de la riante commune de Zermatt, connue pour son marathon ses stations de ski et ses spécialités locales à base de fromage et d'alcool fort, se dresse un un pic solitaire, ni l'un des plus haut, ni l'un des plus remarquables...
En cette saison, il est par ailleurs complètement désert. Les écureuils y batifolent et les zoziaux y gazouillent avec un entrain non dissimulé. Parfois, le chant mélancolique du coucou est interrompu par un bruissement de fougère et par l'apparente reptation d'une large bande d'humus.
A moitié enterré sous sa Ghilie suit, Ronan peste en silence contre sa profession. Depuis une journée complète, l'homme évolue façon limace, en légèrement moins baveux, en direction de son poste de tir désigné. Il y a longtemps que l'excitation de la nouveauté a fait place à l'exaspération du quotidien et c'est un sergent d'infanterie du 3em corps des grenadier fatigué et surtout, fataliste qui rampe résolument vers un futur incertain. Ca quand il avait fallu se choisir un avenir, on peut dire qu'il avait raté une occasion de se taire. Mais les lois de la paresse sont telles qu'elles vous obligent bien souvent à des choix qui se révèlent, finalement, bien plus éreintant que la somme d'effort qu'il aurait fallu produire pour les éviter. Quand Ronan avait obtenu la note maximal et les félicitations du jury à l'évaluation militaire après avoir fait haut la main ses armes dans la catégorie TIFLU (TIreur Fusil LUnette) du corps de conscrit de l'armée Suisse, il s'était précipité sur la formation de Tireur de Précision délivrée à Isone parce qu'elle le tiendrais plus longtemps éloigné des casernes.
C'est finalement le salaire d'un militaire de carrière de cette arme qui l'avait poussé à abandonner sa confortable situation de conscrit pour s'engager de façon permanente. En claire, c'est l'appât du gain, un défaut très typiquement Suisse en fait, qui l'avais amené à cette situation.

Remarquez, pas uniquement...

Ronan s'autorise une courte pose pour souffler en silence , la crête et la lisière de la forêt de résineux n'était plus bien loin. L'herbe folle se faisait plus dense et plus grasse... L'altitude sans aucun doute. Le sniper avait déjà repéré le poste de tir idéal, d'autant qu'il n'avait pas a s'encombrer d'un spoter pour cette mission. Le tireur se mit en devoir de ramper résolument vers le petit éperon rocheux d'où il pourrait achever sa préparation.

Pas de spoter pour cette mission. Les missions d'éliminations se font pourtant toujours en binôme, c'est bien connu! Une personne pour effectuer le tir, une autre pour veiller à sa sécurité, confirmer l'élimination de la cible et pour aider a évaluer la distance. Ce genre de choses... Si Ronan agissait seul sur cette mission à la limite de l'officiel, c'est que son habituel spoter avait mangé une fondue un peu trop grasse accompagnée de viande un peu trop louche et qu'il en avait payé les conséquence. Une crise de dysenterie sans précédent qui avait failli le ravir à l'affection des siens. En attendant, si son spoter en chiait, c'était Ronan qui était dans une merde noire. Plutôt que de devoir s'accommoder d'un remplaçant pas très frais avec qui il avait toutes les chances de s'entendre mal, il avait préféré s'acquitter seul de cette mission!

Ronan déposa avec lenteur et silence son fusil devant lui. Un modèle Sako TRG 42 qu'il avait patiemment modifié et adapté à ses besoin. Une bonne vielle carabine qui avait fait ses preuves et serait bien plus efficace que le PGM Hecate II dans cette situation très particulière. Le tir serait tout de même plus ardu avec le Sako tant la distance était dans les maximum de la portée de l'engin.
Un tir non confirmé a 1200m. L'un des plus beaux de sa carrière s'il parvenait a atteindre sa cible. Quel dommage que personne ne soit la pour le confirmer. Ronan déplia les pied de son arme et régla a la va-vite le monopod de crosse. L'arme bien campée sur ses trois peton en acier, il entrepris de sortir son carnet de tir, son crayon, son monoculaire et le dossier d'identification de sa cible. A la réflexion, il tira aussi d'une poche de son treillis une barre de céréale chocolaté, parce qu'Ovomaltine, c'est de la dynamique! Le sniper étudia sa cible avec attention tout en suçotant son casse-croûte. Un homme de 55 ans, barbus, l'archétype de l'islamiste de base avec tout les accessoires. Selon le rapport, une cellule d'un réseau terroriste al-kahid-truc s'était montée en Autriche et l'homme, un illustre inconnu de la scène mondiale, en était le numéro trois. Il devait retrouver un fournisseur d'arme de contrebande dans une petite ferme au bas d'un vallon. Ronan se fit la réflexion que tout les inconnus des groupes terroristes étaient toujours des "Numéro trois" pour l'opinion publique. Il n'était pas la pour juger! L'ordre de tuer était tombé, il devait viser la tête!

En repliant son dossier, Ronan se repassa mentalement les voies de retraites possibles et le point d'extraction. Il espérait ardemment que l'hélico serait au rendez-vous! En attendant, il pouvait s'octroyer une sieste. Après avoir couché son arme sur le coté, et calé sa tête sur la crosse, capuche de ghillie rabattue sur le visage, Ronan s'autorisa un petit somme...

Le bip discret de son oreillette tira le sniper du sommeil léger dans lequel il somnolait. La bouche pâteuse, Ronan déplie la paille de sa poche d'hydratation et entreprend de s'humidifier les papilles tout en redressant son arme dans une position plus décente. La crosse calé à l'épaule, Ronan aligne à nouveau le réticule de visé avec la cours de la ferme. L'heure de la chasse vient de biper: dans quelques minutes, une heure grand maximum, la cible et l'homme d'affaire seront en contact et Ronan pourra intervenir. Sa fenêtre de tir sera très courte, quelques minutes à peine. En effet, sa direction compte sur le fait que sa cible sortira de sa demeure pour aller accueillir son mécène. C'était partir du principe que l'homme a des manières, ce qui était loin d'être une certitude. Avec douceur, Ronan scrute le terrain à la recherche d'éventuel tireur embusqué comme lui: le risque principale dans cette mission. Un homme de cette importance a forcément une protection rapprochée digne de lui! En même temps, la neutralité de la Suisse devrait déjà en soi lui servir de protection...

Le réticule parcourt la forêt avec attention, scrutant avec soins les alentours. En passant sommairement sur une cabane de chasse, Ronan repère un canon à l'appui sans y prêter d'autre attention. Quelques degré plus loin, le sniper se fige, pris d'une sueur froide! Il balaye la cabane en sens inverse. Derrière sa lunette, le militaire avale sa salive... Sur le canon court de l'arme est monté un dispositif cache flamme qui n'a rien d'utile pour un chasseur... Surtout hors période de chasse! S'il s'agit bien d'un tireur embusqué, alors Ronan sait que dès qu'il fera feu, il risquera de s'exposer aux coup ennemis. Éliminer le tireur avant d'éliminer sa cible peut néanmoins mettre la mission en danger!
Fébrilement, Ronan consulte sa carte et ses relevés: 1350m! Portée effective de son Sako: 1400 mètres! Mais en condition optimale! Un coup à cette distance est plus aléatoire..

Ronan consulte sa montre, l'heure tourne. Figé dans sa réflexion, le sniper semble se décider. Il reprend ses marques et respire calmement.

A quelques 1200m de là à vol d'oiseau, une énorme BMW noire vaguement 4x4 s'engage dans le petit chemin de terre qui la conduit au domaine privé. A son bords, règne un silence guindé et une ambiance tendue. L'homme d'affaire qui est assis à l'arrière les mains crispés sur un attaché case noir garde le regard fixé droit devant lui. L'homme assis à sa droite l'interroge du regard:
"Il y a dans l'air comme une odeur de fiasco" répond le premier à la question silencieuse du deuxième. Le véhicule traverse le champs, brinqueballant légèrement ses occupants. Sur le pas de la porte, deux patibulaires surveillent l'évolution du véhicule du coins de l'oeil. De la place avant droite et arrière gauche descendent deux molosse de la même espèce. Après avoir échangé un coup d'oeil de connivence entre gens du métiers (à savoir "Brute sans cervelle" de l'avis de Ronan), les quatre hommes s'effacent pour laisser à leurs patrons respectifs le loisir de se répandre en civilités.

Allongé au calme, entièrement détendu, le sniper inspire profondément et expire doucement. La porte de la demeure s'ouvre, la cible pose tranquillement un pied sur le perron. Deux cran vers le haut, deux et demi, léger vent de travers, un cran sur la gauche. L'homme descend quelques marches et s'arrête en face de son visiteur, un large sourire sur le visage. Ronan pose son doigt sur le galbe de la gâchette et presse doucement la détente.

L'homme en costume noire sert chaleureusement la main de son client quand quelque chose de chaud le frappe en plein visage, maculant ses lunettes de soleils. Autour de lui, les quatre molosses se sont tous baissé et ont tous mis la main sur leurs armes. L'homme baisse les yeux intrigué et remarque enfin le détail manquant cruellement à son interlocuteur: la tête...

Ronan bascule son arme vers l'affût repéré un temps plus haut, en même temps qu'il actionne le levier de son arme, il vide a nouveau ses poumons, chambrant une deuxième balle pour un second tir autrement plus périlleux! 1200 mètre plus bas, la détonation viens à peine de retentir aux oreilles des principaux intéressés. Le réticule se stabilise sur sa cible alors qu'une motte de terre vole a quelques centimètres de de son visage! Il n'aura pas de seconde chance. Ronan tente le tout pour le tout, ajuste, et presse la détente! Il lui semble se passer une éternité alors que la balle file vers sa cible. Dans sa lunette, Ronan voit le crâne de sa cible secondaire exploser. Pas le temps pour verser une larme ni pour exulter d'un tir aussi bien mené! La lunette balaye à nouveau l'espace en sens inverse et viens se fixer sur le corps de sa cible principale. La mort est confirmée! Sans sa tête, le terroriste sera nettement moins efficace!

Ronan ne bouge pas, continuant de scruter dans sa lunette la petite fourmilière dans laquelle il vient de flanquer un coup de pied. Ca court ça s'agite. Ca tir des jumelles et des télescope a tour de bras! Peu de chance d'être découvert, mais Ronan préfère ne pas tenter le diable, avec douceur, il tir de sa poche de poitrine une nouvelle barre chocolaté! Dans une heure la nuit sera tombé et il pourra ramper tranquillement mais résolument jusqu'à son point d'extraction le plus proche. En attendant, l'immobilité d'un lézard est sa meilleur chance de s'en tirer!

Être Suisse et être patient, ça a parfois du bon!


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#3 2012-10-14 13:56:17

Renan
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Re : [Background] De La Suisse, Naturellement...

Encore un jour ordinaire...

Genève, été 2004. La ville semble griller sous le soleil comme un lézard imprudent sur une plaque chauffante. Même les mouettes, que d'ordinaire rien ne décourage, se tiennent tranquilles à l'ombre des pilles de l'embarcadère de la rade du lac Léman. Les camelots sont trop somnolant pour vendre et les touristes en viendraient aux mains pour une glace à l'italienne. L'air a cette consistance particulière que l'on obtient en le laissant bouillir pendant des heures dans un haut fourneau.
C'est pourtant par ce temps caniculaire où même les mouches n'ont plus la force de se cogner aux carreaux, au mépris de la plus évidente logique qu'une paire de paire d'andouille grillait en plein soleil, allongé sur le béton brûlant. Sûrement motivé par le fait que la climatisation tourne a plein régime dans leur bâtiment, le siège des nations unis de Genève déborde d'activité. Et c'est pour en protéger les grosses huiles que, sur un toit du complexe "William rappart", l'imposant musé Ariana dans sa lunette, Ronan et François, son spotter, se font chier comme une paire de rats morts. Il se font même tellement chier qu'ils sont à deux doigts de s'en fossiliser sur place. Pour passer le temps, ils jouent aux devinettes avec le binôme d'en face, membres des forces spéciales de la police allemande, sur une fréquence secondaire.
Une voix annonce en crachotant dans l'oreillette de Ronan: "Je vois quelque chose de... vert!
-Un arbre!
-Ouaip!
-En même temps, dans un parc... Bon a moi! Je vois... Quelque chose de carré!
-Une fenêtre!"
Sniper et spotter échange un regard saturé d'un ennui en phase terminale...
Les deux hommes ont vérifié toutes les procédures, tous les cas de figures envisageable! D'une attaque de ménagère piégée a une panne de ventilateur... Cinq fois! Pour passer le temps, ils ont joué au jeu des distances, se sont amuser à retenir les plaques des voitures sur le parking et on passé une heure agréable en supputation sur la présence féminine dans le bureau du premier secrétaire au troisième étage avant que karl le précise qu'a contre jour, une plante en pot peut faire de sacrées ombres chinoises.
Dans l'oreillette la voix reprend:
-Scheiße! J'en serait presque a souhaiter qu'il se passe quelque chose!
-Avale ta langue, Karl, ce serait la pire des tuilles!"
Sur son toit, derrière la lunette de son Psg1, Karl se repositionne en douceur, lui aussi commence à avoir des crampes et le temps est long entre deux gamelles...
-Pourquoi-ça?
-T'as jamais eu a faire un tir réel non?
-Non... Jamais eu l'occasion de tirer sur une cible vivante...
-Ah tu ne connais pas le "JFK Shoot"?
-Non... Et me parle pas du pink-mist! À part une pastèque à l'entraînement...
-Ben le tir, c'est pas le plus dur... le pire, c'est la paperasse..."
François, un vieux sergent avec plus d'expérience que de dent gratifia son tireur d'une tape sur l'épaule "A 11h, un van wolswagen, vitre teintée, conduite nerveuse. Vu?
-Je l'ai... Plaque maquillée je crois...
-Correcte, je contacte la base...
-Karl... Tu vas avoir l'occasion inespérée de découvrir ce que je voulais dire..."

Avec une méthode parfaite et un sang froid peu croyable compte tenu du lieu où ils se trouve, François contacte le poste de commande, lui aussi écrasé de chaleur dans son van banalisé:
"Alpha 1 pour Papa Charlie! Alpha 1 pour Papa Charlie! Menace possible en visuel! Van se déplaçant rapidement en direction du complexe Ariana sur l'avenue de la Paix.
-PC a tous les sniper, PC a tous les sniper, restez en attente. Nous tentons de confirmer la menace..."

Sur son toit, Ronan règle sa lunette. Zeroté pour 600m, il lui faut reprendre les réglage pour une distance de 400m, les clics de ses tourelles résonnent étrangement, comme un compte à rebours mal fichu... La véhicule semble ne pas vouloir ralentir. Au niveau du portail du complexe, un groupe de policier s'apprêtent à arrêter le véhicule avec la perspective d'au moins un PV pour excès de vitesse.
Ronan zoom sa lunette et se concentre sur le parre-brise:
"J'aime pas ça... Mon instinct me dit que ça pue... Et ça vient pas de moi!
-Pourtant avec cette chaleur...
-Très drôle, reste concentré tu veux!? Karl, visuel pour vous?
-Ja, ligne de tir dégagé, pas d'obstacle!"

Le véhicule fait une embardée sur la route et après un ou deux zigzags laissant croire qu'il a perdu le contrôle, s'engouffre à travers le portail du palais des nations en égayant policier, fonctionnaire et parterre de fleurs autour de lui. Contre toute attente, les lourdes grilles sont enfoncées par le véhicule et semble à peine le ralentir!
François réagis le premier:
"Putain! Une voiture bélier! Alpha 1 pour PC, demande autorisation d'intervenir! Vite!!!"
Ronan ajuste son viseur sur la grille d'aération du moteur du véhicule et crache entre ses dents:
"Karl! Le conducteur, je prend le moteur!
-Pourquoi?
-J'ai un plus gros calibre!!!"
L'ordre claque dans les écouteurs des quatre hommes:
"Pc pour Alpha 1 et 2, feu!"
Au milieu d'une courte expiration, Ronan presse la détente. Presque simultanément, deux détonations claquent sèchement dans l'air déjà trop sec.

Bureau principale de la police de Genève. Il y fait déjà nettement plus frais, la climatisation ronronne avec douceur et abaisse l'air ambiant de quelques degrés plus que salutaire. Assis autour d'un vaste bureau d'une salle d'interrogatoire dont la porte est ouverte, les quatre hommes s'appliquent à remplir une imposante paperasserie. Ronan signe les cinq exemplaires de ses formulaires rebouche son stylo et le tend à François qui paraphe et signe à son tour, non sans avoir remplis ses propres observations. Le sniper Suisse se laisse basculer en arrière, les bras croisé derrière la nuque et regarde, narquois, Karl et son binôme se noyer dans la pile de papier qui leurs est imposé, a quelques feuilles d'atteindre le plafond.
Le pragmatique tireur ne peut s'empêcher d'étouffer un petit rire ce qui fait lever le nez de karl de ses formulaire...
"Tu le savais hein? Tu savais que j'allais me taper le pire boulot!!! C'est pour ça que tu m'a donné le tir létal!
-Voyons Karl, je suis en 338 et toi en 7,62... Je suis tout indiqué pour un tir anti-matériel...
-Un tir à la tête aurait largement suffit!"
Ronan ne pu s'empêcher, la encore de sourire
"Beeen... Oui mais... Honneur au plus jeune!
-Scheißkerl! J'm'en souviendrais!
-Bon, ben nous on va te laisser hein!"
Les deux suisses prirent leur veste et s'acheminèrent vers la sortie. Malgré le crépuscule, l'air était encore bourdonnant d'activité et de chaleur à peine plus supportable.
"Je te paye une bière?
-Une limonade plutôt...
-Tu bois toujours pas d'alcool hein..."
Les deux homme prirent la direction du Rhone pour rejoindre le centre-ville et le quartier de dock.
"Ronan...
-Hmm?
-Y'a quand même une chose que je m'explique pas...
-Quoi?
-Un tir au moteur... Sur une voiture bélier..."
Pour toute réponse, l'homme se contenta de sourire...
"T'es vraiment une feignasse..."


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#4 2012-10-14 13:58:53

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Re : [Background] De La Suisse, Naturellement...

Lost In Translation...


Parris Highland, Caroline du Sud. Centre de formation de l'USMC. A cet instant précis, une bonne poignée de jeunes hommes commencent à peine à se demander si s'engager était une bonne idée. On est loin des uniformes rutilants et des gros flingues qui les avait attiré comme la confiture attire les mouches. Devant ces jeunes gens qui tentent de se faire tout petit tout en restant au garde-à-vous, un sergent instructeur tout en galons et en muscles, beugle avec tant de conviction il en arriverait presque à se convaincre lui-même. Le visage cramoisie, les veines du cou saillantes comme des câbles, l'homme fait concurrence a un boeing au décollage!
La longue liste d'insulte toute en finesse s'étire dans la salle et marque au fer rouge les jeunes esprits impressionnables. Enfin... Presque tous. Debout comme les autre, un soldat un peu avachi et au crane moins tondu que les autres pousse un imperceptible soupir.
"VOUS AVEZ COMPRIS, TAS D'PUNAISE? JE VAIS VOUS DRESSER! QUAND VOUS SORTIREZ D'ICI, VOUS SEREZ DES HOMMES! DES GUERRIERS! DES..."
La recrue ne peut réprimer un mouvement de nez...
"MACHINES À TUER!!! VU!!!?"
La meute abrutie par les beuglement répond comme le sergent et Hollywood le leur à appris:
"CHEF, OUI CHEF!!!"
Et avec un enthousiasme débridé, s'il vous plaît! Enfin, presque. L'oreille fine malgré les décibels qu'il génère en permanence, le sergent instructeur a détecté une dissonance dans la jolie mélodie résignée. Une forte tête, ce qu'il préfère de loin! Le sergent fond sur sa proie comme un chondrichthyen affamé qui a senti une goutte de sang. Il se plante devant le jeune homme et lui colle le nez a deux centimètre de la bouche:
"COMMENT TU T'APPELLE TROU-DU-CUL!!?
-Chef, Ronan, chef...
-PUTAIN, ON T'AS PAS APPRIS A RÉPONDRE CORRECTEMENT!!?
-Si mais...
-ET ÇA SE PERMET DE RÉPONDRE EN PLUS? DIS DONC PETITE MERDE, OÙ EST-CE QUE TU TE CROIS!!?
-En fait je v...
-LA FERME SAC A FOUTRE!!! JE VAIS T'APPRENDRE A RESPECTER UN SUPÉRIEUR!!!
-Ben, en parlant de ça, j'aimerais attirer votre attention sur le fait qu..
-TAAAAAAAAAAAAAA GUEUUUUUUUUUUUUUUUULEUUUUUUUUUH!!!"
Le sniper Suisse soupire et s'affaisse de quelques centimètres. d'un geste rapide, il saisi le petit carré de tissus recouvert de scratch qui orne sa poitrine et le brandi sous le nez de l'importun.
Le sergent ne peut s'empêcher de faire le point sur le petit carré de tissus. Deux chevrons et deux arcs. Un "First Class Sergeant". Le sergent instructeur avale sa salive:
"Putain mais vous êtes qui?
-Sergent première classe Ronan Fonty, échange inter-armé! Je suis là pour jeter un œil et me mettre a niveau, pas pour me faire casser les couilles... Vu?"

Le parvis, pelé par des millier de pieds au cour de nombreux exercices revu annuellement, exhibe fièrement sa terre battue. C'est un vaste espace à ciel ouvert qui s'orne de dizaine d'obstacle essentiellement composé de rondins et de corde. Le genre d'espace qui passerait, partout ailleurs, pour un terrain de jeux pour marmot... Mais pas ici. passant parmi ses recrues au regard fixe, le sergent instructeur savoure par avance ce qui, il en est persuadé, ne va pas manquer d'arriver!
"BIEN, TAS DE PUNAISES! AUJOURD'HUI, ON VA VOIR CE QUE VOUS AVEZ DANS LE VENTRE! VOUS ALLEZ ME FAIRE DU PARCOURS A EN TÉTER DU P'TIT LAIT PAR LE FION! VU!!?"
Le sergent instructeur Wallace avait entendue cette réplique dans un vieux film "Full métal Jacket" et il l'avait adopté! Il n'était pas le seul a avoir une culture cinématographique classique. L'oeil atone du sergent de première classe Ronan exprimait à lui seul l'avis de tout cinéphile qui se respecte face a une andouille qui tente de retranscrire dans la vie réelle ce qu'il a fantasmé à l'écran. Pour être parfaitement honnête, les pensées de l'expatrié était très loin du terrain d'entraînement. Les épreuves physique des Tireur d'Élite Suisse n'avait rien à envier d'un point de vue physique a celles des Seals, l'altitude et le manque d'oxygène aidant. Le parcourt, pour le jeune-homme, c'était comme un vieux copain. le sergent instructeur finissait de beugler ses instructions, une légère modification dans la tenue de son voisin immédiat informât Ronan que la ruée allait commencer.
"TAS DE PUNAISE, ALLEZ-Y!!!"
Le groupe d'aspirant chargea comme un seul homme, se ruant en avant vers le parcourt, pressé de prouver au monde ce qu'il valait! Ronan se mit tranquillement au petit trop, passant presque nonchalamment devant un instructeur médusé:
"DIS-DONC LE GRADÉ! TU COMPTE FINIR CE PARCOURT AVANT LA FIN DE LA SEMAINE!!?"
Ronan s'autorisa un simple sourire en approchant du premier obstacle!

Cela faisait une bonne minute que les plus endurant avaient assez ralenti pour passer d'un trottinement asthmatique à une marche à peine poussée. Loin devant, le soldat suisse entamait un nouveau tour de parcourt.

Plus que des recrues, c'était des recrues de fatigues. La plupart avaient abandonné au second tours, une poignée de courageux continuaient pour un quatrième tours. Ils avaient déjà gagné l'estime de leur sergent instructeur, mais cet espèce de robot, lui, en était à son cinquième tours et abordait la corde lisse avec une nonchalance trompeuse. Il prenait son temps. Cet enfoiré prenait son temps et malgré cette lenteur trompeuse, il avait mis un tour dans les yeux de toute son unité. Avec un soin méthodique, Ronan s'allongea sur la tyrolienne descendante pour rejoindre le plancher des marines. Un autre de ses compagnon d'unité leva la main pour abandonner. Ronan se glissa sans vitesse sous les colonnes de barbelé et les franchi presque sans ralentir, en passant devant le sergent Wallace, le sniper Suisse ne pu s'empêcher de lui adresser un petit salut de la main qui fit passer le teint de son instructeur du blanc jaunâtre au rouge pourpré profond.
"FIRST CLASS SERGENT RONAN!!! SA SUFFIT!"
Le sniper suisse s'immobilisa dans un garde a vous goguenard. Le sergent Wallace le contourna rapidement.
"Putain! Mais je peux savoir a quoi vous jouer?"
Ronan considéra l'homme en croisant les bras sur sa poitrine!
"C'est moi qui devrait poser cette question, sergent instructeur! Je suis un soldat de métier figurez-vous! ET ON ME COLLE A L'EXERCICE AVEC LES VOLONTAIRE!!! VOUS CHERCHEZ QUOI!? A M'HUMILIER!!? A ME FAIRE COMPRENDRE QUE MON CORPS D'ARMÉ NE VAUT PAS LE VOTRE!!?"
Le sergent ne pu contenir un mouvement de recul. Voir le sniper suisse sortir de ses gonds, c'était un peu comme se faire mordre par un vieux chien indolent. Ça choque plus que ça ne fait mal. Ronan força son avantage sur la situation:
"Je rejoint mes quartier, sergent instructeur Wallace! Et comptez-sur moi pour aller m'expliquer directement avec l'état major! Essayez donc de faire de vos recrues des "hommes" pendant ce temps là!"

Centre de formation des tireur d'élite deux semaines plus tard, pas de tir longue distance inconnue. allongé dans la poussière, malgré un soleil de plomb, une vingtaine d'homme aligne patiemment les cibles qui apparaissent de façon presque aléatoire à plusieurs centaines de mètre de là.
La moitié des hommes est en nage, l'autre a même trop chaud pour transpirer. Installé lui aussi dans une marre de sueur et de poussière, au voisinage direct d'un M40 A1 chargé et près à faire feu, Ronan règle avec soins la tourelle d'élévation de sa lunette. Quelques clic plus tard, le suisse, sans quitter des yeux le réticule de son arme lance à son binôme chargé de la correction:
"Je ne voudrais pas paraître insistant Rodh, mais es-tu sûr de tes distances?"
Le marines interpellé se re-plaque l'oeil dans son télescope, fronce le sourcil, re-consulte ses tables pour la énième fois avant de froncer encore plus les sourcils!
"J'ai 920m, Gunny...
-Mais moi j'en ai 950...
-Comment tu sais ça?
-Les dots... La cible en prend entre 1,75 et 2,00! Ca fait 950 si les tables de la lunette sont juste...
-Ok Gunny, je re calcule..."
Une poignée de seconde plus tard
"Arf... J'ai 955 en fait! On est a 27 1/4..."
Deux petits crans plus tard et une brève course de queue de détente, le coup de feu claque. Quelques secondes plus tard, le temps que l'ogive parcourt la distance séparant le pas de tir de la cible, à savoir exactement 954m et soixante cinq centimètres, un panneau de métal s'orne d'une jolie marque en forme d'étoile et gratifie le tireur d'une sonnerie métallique réconfortante! L'oeil rivé au télescope, Rodh lâche un sifflement:
"Plein centre... T'as le cul bordé de nouille, gunny..."
Sans répondre, l'helvète engage une nouvelle ogive dans la chambre.
Nouveau tir, nouvel impact...
"C'est fou. A l'entraînement, il te fallait 3 tir pour te régler, même sur une distance connue et pour le test, tu me les colles dans le milles au premier tir à chaque-fois!"
Ronan se redresse, fin du parcourt... Le sergent instructeur, spécialiste en armes a feu compulse son carnet:
"Je confirme l'avis de votre spoter, Three-Shot! Note maximal pour un type qui d'habitude est plus que moyen en tir, vous avez un chance de cocu!!! Admis!!!"

Centre de formation des tireur d'élite, quelques trois jours plus tard. Au milieu de la plaine, trois VBL surmontés chacun d'une paire de paire d'yeux perçants qu'affûtaient encore d'énormes paires de jumelles. Dans la friche qui s'étant devant les véhicules, quatre hommes portent des sortes de manches à balais peint en rouge. Assis dans sa jeep, l'instructeur Perry vient de percevoir un mouvement sous un acacia! L'instructeur Perry est redouté par tous les élèves du centre de formation. Sa présence durant l'examen de fin de cursus est souvent synonyme de coupe drastiques dans le nombre de validés de l'année. Sous ses indications, le "walker" le plus proche vient secouer l'apprenti sniper caché sous l'acacia. Encore un de moins!
Le principe du concours est très simple! Les aspirant doivent user de leurs compétences pour s'approcher suffisamment près des instructeur et pouvoir lire un identifiant affiché par eux a un moment donné. Ils doivent ensuite faire feu une première fois (à blanc bien entendu), puis une seconde fois! S'il ne sont repérés à aucun moment et qu'il donnent le bonne identifiant, les aspirants son validés. Dans le cas contraire et s'il s'agit de leur premier passage, retour à l'école et il ne leur reste qu'une seule chance de devenir tireur d'élite.
Jusqu'ici, Ronan s'en tirait bien. Il faut admettre qu'entre un marrais de Floride et les alpages, la végétation à quelques chose de plus excentrique dans le premier. Excentricité que le sniper Suisse n'allait pas hésiter à mettre à son profit! Tapit sous une épaisse couche d'humus, il est en position depuis dix bonnes minutes, à cinquante mètres de sa cible. Le sergent instructeur Perry jette un dernier coup d'oeil à sa montre, il est temps de mettre fin à la progression! D'un coup de sifflet rageur, il annonce la fin de la première partie de l'épreuve a ses recrues, à elles de donner à leur instructeurs l'une des deux suites de symbole affiché au dessus de leur tête.

La radio crachote "XT78 et D4R6" Perry opine du chef... "Et votre matricule c'est 187645..." Perry fronce les sourcils et sourit: "Vous tirez mal, jeune homme, mais on ne vous voit pas! Voyons si vous arrivez a garder votre position invisible en étant aussi près..."
Un première détonation retenti. L'instructeur cherche à l'oeil nu d'où elle a pu provenir:
"Walker! un quart de tour sur votre gauche, avancez de 6 pas!" le drapeau du walker s'agite jusqu'à rejoindre la position qui lui est indiquée.
"Rien sergent..."
Un nouveau coup de feu claque.
Perry ne peut réprimer un froncement de sourcil et un mouvement de moustache rageur:
"Mais où il est ce con?"
L'épreuve touche à sa fin, sur les vingts candidats, seuls sept sont parvenu à lire le bon identifiant et seul cinq ont réussi à faire feu deux fois sans être repéré. Le sergent instructeur Perry est satisfait:
"Recrues, levez-vous, je veux voire où sont planqué mes éléments!"
L'un après l'autre les snipers se relèvent, qui dans les broussailles, qui dans la boue... Une masse d'herbe se soulève, véritable tapis végétal tissé d'humus et d'herbes sèches. Perry observe Ronan s'extirper de sous la couche de végétation avec un luxe de précaution.
Cinquante mètres. Il n'y a que cinquante mètres entre l'instructeur et son élève:
"Sergent d'artillerie Ronan c'est ça?"
Le sniper Suisse acquiesce.
"Je me souviendrais de vous!"


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#5 2012-10-14 14:00:12

Renan
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Re : [Background] De La Suisse, Naturellement...

Metal-Gear Nexus, Partie 1


Afghanistan, à la frontière ouest de la province de Takhâr, 7 heures du matin. A à peu près 12km à l'est de Barkah, adossé à une chaîne de montagne annonyme, une petite douzaine de bâtiments en béton aux toits de tôles, battu par les vents. Les locaux semblent usés, comme s'il avait été conçu dans les années trente et abandonnés depuis avant d'être remis en service il y a peu. Le cadastre démentait pourtant cette affirmation. La zone aurait dut être vierge et rien n'aurait du disputer les lieux aux mouflons sauvages.

À quelques 700km a la verticale, un oeil avisé mais ô combien impersonnel scrute la zone avec une rigueur toute militaire. D'une impulsion électrique judicieusement appliqué, l'opérateur, logé confortablement dans le FOB de Charikar, ressert le champ de vision de l'objectif autour des bâtiments. Un léger bruit de pianotage sur un clavier et une aspiration d'un liquide sans doute gazeux plus tard, l'écran affiche les relevés infra-rouge de la zone.
"Mother Six pour team Plantigrade! Mother six pour team Plantigrade! A vous!"
Une voix crachouillante à l'accent traînant lui répond
"Plantigrade pour Mother Six, vous recevons 4 sur cinq, à vous!
-Mother Six pour Plantigrade, nous avons localisé le mess, je répète, nous avons localisé le mess, à vous!"
Un long silence viens alourdir le fond de l'air déjà passablement étouffant.
"Mother Six pour Plantigrade, me recevez vous?
-Plantigrade pour Mother six, qu'est ce que vous voulez que ça nous foute!!!? C'est la quinzième fois que vous nous contactez en trente minutes!!! Vous voulez pas nous filer la marque de leur frigo tant que vous y êtes?
-Mother six pour plantigrade, il s'agit d'une chambre froide! A vous!"
Un crachouilli inintelligible suppose que le marines Suisse dispose d'un vaste vocabulaire de noms d'oiseaux.
"Plantigrade?
-Soyez gentil! Rappelez quand vous aurez du NOUVEAU!!!"
Avec un froncement de sourcils rageur, Ronan replace son nez derrière l"objectif de son télescope.

Allongés presque l'un sur l'autre à quelques mètre d'une ligne de crête, camouflés au pied d'un buisson épineux, Ronan et son Sniper surveillent les abords de la base secrète. La mission n'est pas très claire pour le tireur d'élite: une cible potentielle connue mais étrangement membre d'un lobby d'armement réputé et puissant, un déploiement en avant de deux unités complètes, coupé de lignes de réapprovisionnements. En terme profane:ça pue!
Pour le moment, Sniper et Spotter se contentent de faire un peu de reconnaissance, mollement appuyé par les yeux du ciels. Cette base est un objectif prioritaire, leur avait beuglé leur colonel! D'après le vénérable gradé, leur cible avait ses habitudes dans ce coins paumé et ne manquerait pas de s'y signaler tôt ou tard. En ce qui concernait le sniper Suisse, le plus tard lui semblait le mieux. Le dossier que lui avait remit l'état major ne donnait pas énormément d'information sur Jack Spenncer. Ex-membre des forces spéciale, partenaire d'Arms Tech pendant quelques années, juste le temps de travailler sur l'ergonomie de certaines plate-formes de tir, puis instructeur formateur sur les système qu'il avait aidé à développer avant de monter sa propre PMC, rapidement absorbé par la très célèbre "Outer Heaven". A l'heure actuel, son statut était des plus complexe et la mission des deux sniper n'était pas entièrement officielle. A la fois déployé comme appuie feu pour soutenir les deux unités envoyées officiellement et présent sur le théâtre d'opération pour marquer et éliminer la cible prioritaire Spenncer dont les activités étaient "suspectées" de favoriser le terrorisme. "Suspectées?" s'était interrogé l'helvète? Suspectées lui avait-on répondu, des témoignages ne pouvant être qualifié de preuve. Toutefois, sur ces simples présomptions, l'ordre était tombé, et visiblement de très haut.

Ce qui inquiétait Ronan, c'était le type d'arme que Spenncer avait mis au point. Un fusil de précision de gros calibre dérivé des plate-forme de tir Colt et Masada. L'homme était donc un tireur longue distance au moins et au pire, un sniper formé. Cette perspective n'enchantait pas du tout notre suisse. A plus forte raison en considérant son tireur, jeune recrue à peine sortie de l'école. Pour le sniper, s'était sa première fois derrière la crosse. Pour le spotter, c'était la septième mission d'élimination à laquelle il participait et la troisième derrière la jumelle. Ronan déplia lentement un bras de dessous sa ghillie et tapota l'épaule du gamin. Avec force frétillements de sourcils, il lui fit comprendre la nécessité de changer de poste. Avec lenteur, le spotter pris la tête et rampa lentement mais résolument vers un buisson d'acacia aussi accueillant qu'un ours affligé d'une rage de dent. Quelque vingt bonnes minutes plus tard, le binôme avait déménagé à une soixantaine de mètre de là et avait une autre face du bâtiment en visuel. Le chouff pouvait reprendre...

La lune était haute dans le ciel, même si sa lumière était plus que chiche. Couché dans leur acacia, les deux hommes veillaient. L'oeil collé à l'oeillton de son spotting-scope, Ronan scrutait les ténèbres avec professionnalisme. A coté de lui, presque allongé sur son M 24, son partenaire dormait, profitant de quelques heures de repos. Il en aurait bien besoin. Songeur, Ronan prenait des notes mentales en attendant que l'abruti responsable de la liaison satellite lui annonce l'arrivée des trois humvee. Il n'était pas assez peu aguerri pour se servir d'un carnet dans une situation aussi merdique: chacun de ses mouvements pouvaient révéler sa position. Surveillant d'un oeil les mouvements de son partenaire, il tenait le compte des membres de la garde personnelle de Spenncer. Selon toute logique, dans quelques cinq heures, la colonne de humvee serait à porté d'oreille. Ronan hésitait encore quand à l'enchaînement des prochains évènements: soit ils sautaient sur la première occasion d'exécuter Spenncer, soit ils attendaient que les collègues soient dans la place pour agir. La première solution risquait de mettre en difficulté les deux unités mobilisées mais avait l'avantage de permettre de s'attaquer à une cibles qui ne s'y attendait pas. La seconde permettait de se servir des collègues comme soutiens et de contrôler rapidement la situation. Allongé sur sa crosse, son spotter se baladait au pays de morphée. Ronan se mordit violemment la lèvre inférieur! Cette situation était de loin la plus merdique qu'il ai connue.

Ronan tapota sur la jambe de son spotter et lui fini signe de veiller en lui tendant une barre énergétique avant de poser sa tête sur son bras. L'aube commençait a étendre ses doigts de roses sur l'horizon et, en ce qui concernait l'helvète, il devait s'agir d'un majeur. Ronan avait besoin d'un peu de sommeil, a la charge de son partenaire de veiller sur son repos sans bouger et surtout, sans parler.

Un crachouillement tira Ronan de son sommeil: la radio tentait de lui parler. Avec des mouvements de chats, il appuya de l'index sur le commutateur de son PTT
"[size=9]Plantigrade...[/size]" lacha t'il dans un souffle, juste de quoi faire comprendre a l'opérateur a l'autre bout des ondes qu'il ne pouvait pas s'adresser à lui normalement.
"Mother six pour plantigrade! Mother six pour plantigrade! Me recevez-vous?"
Un roger-bip se fit entendre en guise de confirmation
"Mother six pour plantigrade, ordre de prendre votre tir le plus rapidement possible! Je répète, ordre de prendre le tir le plus rapidement possible! A vous!"
Deux roger-bip résonnèrent dans l'écouteur, Ronan dénéguait...
"Mother six pour plantigrade, ce n'est pas un choix qui vous est donné, a vous!"
Ronan ferma les yeux en expirant lentement pour tenter de se calmer. Le regard interrogateur de son spotter acheva de le convaincre.
"[size=9]Plantigrade pour Mother six, négatif, prendre le tir avant l'arrivée de nos troupe les exposent à une riposte! Je répète, si on tir maintenant, c'est nos troupes qui vont morfler!!! A vous![/size]"
Un long silence. Ronan en profita pour établir un topo rapide de sa situation, pas brillante...
"Mother six pour plantigrade, l'opération a été modifié, il s'agit d'un assaut direct, je répète, il s'agit d'un assaut direct, pliez-vous aux directives! Terminé!!!"
Ronan lacha un soupir, son partenaire d'infortune lui lança un regard inquiet.
"[size=9]Ça veut dire quoi ce silence?
-Ça veut dire qu'ils cherchaient de la vaseline... Concentre toi sur ton tir...[/size]"

Ronan monta avec lenteur son spotting-scope a hauteur de ses yeux. A coté de lui, avec une lenteur de lézard, le sniper arma son M 24. Le cliquetis de la douille s'insérant dans le canon parut plus lugubre que d'habitude au spotter Suisse. Sur le parvis du camp, un groupe d'homme quittait les "bureaux" pour le "mess". De bien grands mots pour de vieux hangars sales et hors d'âge. Au milieu de ses deux lieutenants et de quelques hommes de mains, Spenncer était visiblement en grande discussion. Équipé de pied en cap, les hommes s'attendaient visiblement à ce que les choses s'enveniment rapidement. Un détail qui n'avait pas échappé au Suisse et qui ne laissait pas de l'inquiéter. A coté de lui, sous l'effet de l'adrénaline, le sniper commençait a se tendre comme un arc.
"[size=9]Cible identifiée. Spenncer, centre du groupe, Cirras land CB, casquette noire, SR 25 en bandouillère... Distance?[/size]"
Plongé dans ses réflections, Ronan lacha entre ses dents:
"[size=9]Ça sens pas bon... Pas bon du tout...
-Gunny! On aura pas de meilleur fenêtre de tir!
-435 m, 30°c, pas de vents... La pression atmosphérique est négligeable a cette distance...
-Correction...
-Il faut pas prendre ce tir. Il faut abandonner... Y'a quelque chose qui cloche!
-Correction!
-Je te dis que c'est pas une bonne idée... On v...
-On est là pour la liberté et pour notre pays! On est pas là pour poser des questions! Correction!!![/size]"
Ronan resta sans voix pendant quelques secondes qui lui parurent des heures. Il avait déjà entendu des énormités, mais jamais d'aussi près. Il ne sut jamais ce qui l'avait pousser a répondre:
"[size=9]Ajoute 25 clic. Point d'impact légèrement en dessous du mille...[/size]"
Ronan entendit le souffle posé de son sniper en même temps qu'il vit le véhicule sortir de derrière le Mess... Un gunship armé jusqu'au rotor... Complètement illogique dans un contexte pareil. Le cerveau du spotter s'emballa immédiatement! Il fallait abandonner maintenant!
Le doigts du sniper s'enfonçait dans la gâchette devant le Suisse incapable d'intervenir, le coup de feu claqua. L'oeil rivé a son spoting scope, Ronan vit presque la trajectoire de la balle...

...Qui passa à quelques centimètre de la tempe de la cible et alla orner le mur du fond d'un éclat suplémentaire! Le sniper lâcha un "merde" entre ses dents, Spenncer tourna la tête immédiatement dans la direction du tir. Ronan eu a peine le temps de se faire la réflexion que le salaud était vraiment super entraîné, moins d'une seconde après l'impact, le groupe s'était jeté a genoux et commençait un tir de barrage qui, au grand soulagement du spotter, était dirigé trop bas!
Oubliant la prudence, galvanisé par le combat, le sniper réarma violemment son arme, donnant du coude dans une des branches de l'acacia. Ronan le fusilla du regard.
"[size=9]Pauvre connard! Tu viens de signaler notre p...[/size]"
Les membres du commando ajustèrent leurs tirs presque immédiatement, les rafales et tir en semi-auto débitèrent l'arbre en lanière, sifflant aux oreilles du binôme. Un impact eu un son étrangement mat aux oreille du Suisse. Son tireur s'écroula sur un rocher et Ronan s'essuya le visage d'une main. Quelque chose venait de l'aveugler, un liquide chaud et poisseux le lui maculait. Du sang. Pas le siens... La base était transformée en véritable fourmilière. Ronan jeta un oeil a son gilet et en sorti deux grenades a mains... "Et merde..."

Le groupe d'assaut coordonnait ses tirs avec précision. Habitué a réagir vite et en toute circonstance, entraîné à manipuler leurs armes sans éprouver de doutes et renforcé par les nanomachines qui en faisait de super soldat, les mercenaires avaient a peine besoin de communiquer pour réagir. Un des deux tireurs avait été abattu, mais les membre de cette PMC n'était pas des bleus! Les snipers vont par deux, il en restait un, forcément. Le chef de l'unité sept fit signe a ses hommes de contourner par la droite et a peine la M60 entrait en jeu qu'il détalait vers le couvert suivant. Un mouvement attira son regard, une grenade volait vers le sol, il pila net et plongea à couvert en prévenant de la menace par un "Grenade!!!" lâché à plein poumon relayé par ses propres nanomachines. Une double détonation retenti. L'accacia qui hébergeait les deux tireur venait d'exploser... Les hommes s'entre-regardèrent. Personne n'avait fait usage de grenade ou de lance grenade pendant la réplique... Une seule explication, une erreur de manipulation. Il est tellement facile de faire sauter la goupille d'une grenade quand on les manipule sous tensions.

Problème réglé!


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#6 2012-10-14 14:02:11

Renan
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Re : [Background] De La Suisse, Naturellement...

Metal-Gear Nexus, Partie 2

Quelques accords de Dir en Grey résonnaient dans l'habitacle. Un habitacle qui tenait d'un croisement entre une boite de fayot pour l'odeur et un haut fourneau pour la température. Il faut dire que ces charmants véhicules étaient équipés d'un tas d'accessoire sympathique allant de la tourelle de toit orientable aux renforts de blindage, mais armée oblige, la climatisation n'était pas de série. Le pilote, tradition au sein de l'USMC, avait la primeur pour le choix de l'ambiance sonore de l'habitacle et Tooru Nishimura commençait doucement a taper sur le systèmes des marines enfermé a l'intérieur.
Scott Jenkins, son M4 posé sur sa crosse entre ses jambes profitait de l'abri de son casque pour passer mentalement en revue son matériel. Cette mission devait lui rapporter une promotion, le faisant passer de Spécialiste, simple soldat du rang avec rang de caporal, a caporal, sous-officier cette fois. Un meilleur salaire et des gratifications. Des responsabilités aussi...

La colonne était composée de quatre Humvee, High Mobility Multipurpose wheeled Vehicle, deux transports de troupes et deux soutiens équipés de M2 montées sur affûts mobiles blindés. Scott s'était souvent demandé qui était responsable de l'abréviation "Humvee" tant elle semblait éloigné de son acronyme. Les cahots du véhicules annonçait que leur colonne commençait a quitter la route. Son unité allait au feu. Quelque chose gênait le jeune homme originaire des Appalaches. Leur cible n'était pas des rebelles intégristes mais des membres d'une PMC qui leur avait, par ailleurs, rendu de fiers services a de nombreuses reprises. Et rien qu'a voir ses hommes et son chefs d'unités, Scott savait qu'ils pensaient comme lui!

Le chef de véhicule se saisi de sa radio de bord: "Préparez-vous les gars, on arrive sur zone!"
A peine l'ordre résonnait dans les oreillettes que chaque soldat se saisissait de son arme, assurait une dernière fois ses chargeurs et vérifiait que sa plate-forme de tir était en état de marche. Avec un professionnalisme tout militaire, Scott inspecta la chambre de son M4 avant d'enclencher un chargeur et d'armer le levier d'un geste sec. Le levier refusa de se rabattre... Jenkins fronça les sourcils en faisant jouer le levier. Un "double Feed". Pour une raison inconnue, une balle s'était engagée sur une balle déjà chambrée... Avec un soupir, il arracha le chargeur, actionna violemment le levier de la chambre par trois fois avant de ré-engager le chargeur et de l'actionner une dernière fois. Enchaînement de gestes réflexes auxquels il était tristement habitué tant sa M4 lui jouait de tour. Il ramassa les balles tombées, les inspecta rapidement sous le regard goguenard de ses collègues habitué a ses crises de mal-fonctions, avant de les ré-engager dans son chargeur. Tout en vérifiant pensivement que la chambre était alimentée en touchant le bronze de l'étui chambré, Scott jeta un regard noir a son binôme.
Il entrepris en suite d'ouvrir son M203, un bon vieux lance pruneaux fixé sous le garde-main de son arme et d'y introduire une grenade avant de le refermer dans un claquement sec. Deux petit clics annoncèrent que les sécurités étaient en place puis Scott accrocha enfin son arme a sa sangle. Le reste de son équipe avait terminé depuis longtemps leurs préparatifs et se riait ouvertement du pas de bol de leur "spécialist".
"Vous êtes lourd les mecs..."

"Sur zone dans deux min..." Le bruit du communicateur se noya dans le vrombissement des 2680 chevaux d'un Viper filant en rase-motte. Les membres de l'unité échangèrent un regard nerveux. Ce fut Scott qui brisa le silence, lâchant un sinistre
"-Ils étaient pas sensé avoir d'appui aérien...
-Sur zone dans une minute!"
Toute l'unité avale sa salive et se prépare mentalement a débarquer. Mais l'entrain n'est plus le même. La perspective d'être accueilli par des soldat d'élite disposant d'un appui feu solide est soudain beaucoup moins alléchante que l'idée de fondre sur des troufions qui ne s'attendent a rien.

La colonne s'immobilise en position, couverte sur les flanc par les tourelles qui protège au centre les deux transports dont les portes s'ouvrent a la volée! Les deux M2 ouvrents le feu simultanément alors que les communicateurs des deux unités transmettent en temps réel les ordres des chefs de groupe

"GO GO GO!!!"

Scott jaillis de l'arrière du véhicule et fonce prendre sa position, angle inférieur arrière gauche. Le soldat a à peine le temps de prendre sa ligne de tir qu'une rafale d'une précision démoniaque fauche son binôme a hauteur de casque. L'homme est projeté au sol sans même un cris. L'espace entre son col de kevlar et son casque a été proprement fauché et il n'a plue rien de reconnaissable. Pendant le centième de seconde que dur sa chute, Scott observe, fasciné, plongé dans un état second les morceaux de crânes et de dents qui volent sous l'impact des ogive de 7,62. L'adrénaline faisant le reste, le jeune homme se laisse tomber en arrière et changeant de prise sur son arme, passe d'une position de tir pour droitier a une position de tir pour gaucher. De sous le Humvee, il peut contempler l'incroyable degré de préparation des soldats qu'ils affrontent. Ils bougent ensemble, comme un seul homme! Comme si chacun d'eux avait conscience de tout les autres! Scott presse la détente et lâche un premier coup qui vient percuter le casque d'un des soldats. Presque immédiatement, la réplique, précise, mortelle, se fait sentir. Scott ne doit la vie qu'a sa position bien cachée.
"CAPITAINE!!! FAUT DÉGAGER DE LÀ, PUTAIN! ONT SE FAIT TIRER COMME DES LAPINS!!!"
Les deux unités tentent de se consolider en se rassemblant, sous les tirs harassants des "Prying Mantis" Scott se redresse sur un genoux et avise un couvert naturel sur sa gauche...

"SORTIE GAUCHE! ARRIÈRE!!! JE PRENDS!!!"
Joignant le geste a la parole, basculant du pouce son sélecteur de tir sur automatique, il se redresse et arrose les position ennemis pendant que la colonne se mets en branle vers le couvert indiqué. Avec un claquement sonore, le bolt de la M4 de Jenkins viens se bloquer en arrière.
"CHARGEUUUUUUUUR!!!"
Faisant confiance a l'entraînement de ses compagnons d'arme, Scott se mets a courir vers le couvert, éjectant son chargeur et en engageant un nouveau. D'une pression du pouce, il libère le bolt catch tout en frappant l'épaule du marines qu'il frôle dans sa course.

Le tube s'est réalisé a la perfection. Sur les membres de deux unités complètes, a savoir dix huit hommes d'arme, seul dix ont réussi a atteindre le couvert. Huit soldat gisent sur le sol, un humvee a été frappé de plein fouet par un missile air-sol et un autre, soufflé par l'impact gît sur le coté, son personnel hors d'état de nuire.
Seul un des deux gradés en charge des unités a survécu et la situation s'annonce très mal.
Le capitaine appel d'un geste un homme a ses coté.
"Donis! Prenez deux hommes et établissez un appui-feu là haut! James, vous prenez deux lance pattate et vous couvrez notre progression! Il faut se rassembler dans un bâtiment! Radio! Contactez la base! Vite!!!"
Les trois servant d'arme lourdent commencent a peine a escalader le relief que deux de ses membres sont littéralement explosé par une ogive de 50 millimètre. Le claquement du tir ne retenti que quelques centièmes de seconde plus tard. Le survivant a à peine le temps d'arrondir les lèvre autour de la première syllabe du mot "Sniper" qu'un nouveau tir le fauche a hauteur d'épaule, séparant littéralement son torse en deux partie égales.

Scott bascule derrière son couvert et pointe son arme a 45° par rapport au sol, dans ce genre de situations... Le coup claque, le sifflement caractéristique de la grenade vaut tous les avertissement du monde. L'explosion en différée claque dans le lointain. Allongé derrière un couvert, l'œil dans la lunette de son M14 EBR, le marksman de l'unité lâche un juron... Aucun blessés dans les rang adverse, a peine la grenade a l'apogée de sa course que tous ces salauds étaient déjà au sol. Le sniper se redresse sur un coude et ouvre la bouche pour s'adresser au chef d'unité, complètement dépassé par les évènements. Il n'aura pas le temps d'articulé un son avant qu'une ogive de 50 lui coupe a son tour la parole et accessoirement la tête.

Le corps humain a parfois de drôle de réaction! C'est la réflection que se fait Scott en plongeant à découvert après avoir ramassé la 249 et en appuyant sur la détente. Tous ces neurones, ces muscles et ces tendons qui se relaient pour permettre a cette mécanique de bouger... Les balles volent et pour la première fois, percutent l'objectif! Quatre PMC s'écroulent sous la raffale et les autres se laissent tomber a couvert. C'est le moment d'en profiter sans lâcher la batteuse, l'œil dans l'eotech, Scott beugle un seul ordre, sec et précis! L'habitude de ses compagnons et leur entraînement reprends le dessus!

"EN HAUT!!!"

Avec rapidité et efficacité, les survivants de la colonne se précipitent vers les couverts en altitude, se relayant efficacement pour faire pleuvoir sur l'assaillant une pluie dense de munition. Dans le replis stratégique, sans trop comprendre comment, Scott voit tomber encore un camarade et parvient lui même a abattre 3 tango. A couvert dans les rocher, il devient possible pour le groupe de se déployer et de résister sans se faire allumer.

Scott lève les yeux sur ses camarades... Sur dix huit marines, il n'en reste plus que cinq encore en état de combattre... Le chef d'unité restant tremble comme une feuille, visiblement en état de choc...
D'accord, disons quatre... Scott vérifie ses chargeurs, encore huit chargeurs plein et quelques grenades. Voyons, faisons un bilan rapide de la situation... Un médic, un Radio, un ex-futur caporal et un gradé en pleur... Difficile de survivre avec ça... Scott se rapproche du Radio:
-Il faut bouger si on veut s'en tirer! Contacte la base et expose-leur la situation! Médic, colle un calmant au chef!
Scott récupère une paire de jumelle dans une poche et rampant sous un buisson se place en position d'observateur. Ce qu'il découvre est loin de lui faire plaisir, les membres de la PMC sont en train de se reformer, sans laisser la moindre brèche dans leur dispositif. Derrière lui, le radio se décolorait petit a petit...
-J'ai plus rien sur le canal... On a été coupé...
Scott se retiens de justesse de se redresser sous l'effet de la surprise...
-Quoi?
-Je dis qu'on a été sacrifié...
Scott avait accepté de faire cette mission pour la promotion qu'elle pouvait lui apporter. Promotion qui lui apporterait, entre autre, le devoir et la responsabilité de veiller sur ses hommes. Et dans ce genre de situation, il n'y avait qu'une seule chose a décider.
-Bon, vous allez prendre le chef avec vous, vous me laissez la moitié de ses chargeurs et vous allez partir plein nord! Vous restez a couvert le plus possible, vous ne vous précipitez pas! Je vais essayer d'attirer leur attention!
Les deux hommes encore valides regardait l'œil rond Scott se débarrasser de son sac, et ranger méthodiquement ses chargeurs.
-Vous êtes encore là? Dégagez! C'est un ordre!

Rampant derrière la végétation, l'adrénaline un poil retombée, Scott se demandait comment et pourquoi il avait eue cette idée a la con. Avec douceur, il risqua un coup d'oeil par dessus la végétation. Les membre de Praying Mantis semblaient ne pas chercher à les déloger. Ils devaient compter sur le Viper pour s'en charger dès que le groupe serait a découvert. Toujours avec délicatesse, Scott entreprit de sortir une grenade a fragmentation de ses poches. Avec une précaution digne d'un philatéliste, il entreprit de fixer cette dernière au tonc peut épais d'un buisson dense. Un fragment de second plus tard, il fixait a la goupille l'extrémité d'une bobine de fil de nylon et entreprenait de la dévider derrière lui tout en rejoignant un défilé rocheux duquel il pourrait enchaîner quelques rafales qu'il espéraient meurtrière! Avec un soulagement non feint, Scott se glissa dans l'espace réduit et entreprit de caller sa M4 a l'horizontale et d'y installer l'Eotech grossissant de la M14 d'un des feu marksman de l'équipe. Avec l'impression que chaque craquement de brindille résonnait comme un putain de feu d'artifice Scott se posa derrière la crosse de son arme, l'œil dans le réticule.

C'est a se moment précis qu'il réalisa que quelque chose n'allait pas. Le canon d'une arme était plaqué contre sa nuque. Jenkins se raidi instantanément, réalisant a quel point ses muscles lui étaient douloureux...
La voix familière, avec un accent traînant qu'il reconnaîtrait entre mille lui susurra a l'oreille...

"T'as pas intérêt a l'ouvrir plus que nécessaire... Nom, grade, unité et mission..."

Scott desserra les dents sur un soupir de soulagement.

"Sergent d'artillerie Ronan... On peut dire que je suis content de ne pas vous voir..."


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"Lourd est le parpaing de la réalité sur la tartelette au fraises de nos illusions"
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#7 2012-10-14 14:04:09

Renan
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Re : [Background] De La Suisse, Naturellement...

Metal-Gear Nexus,Partie 3


Deux hommes en treillis, sales, fatigués, légèrement odorant sont allongés dans les buissons. La situation est moins périlleuse que complètement bouchée. Lâché sans soutiens, leurs unités respectives et leurs appuis décimé ou en déroute. Une voix traînante aux accents des alpages chuchote entre ses dents:

"Bon, ne cédons pas a la panique...
-T'en as de bonne...
-Je sais, mon humour est reconnu dans tous le corps des Marines... Bon, blague dans le groin, faut qu'on arrive a faire le point!
-Je suis d'accord avec toi mais encore faudrait-il que ces putains de
robots nous laissent faire. Dès qu'on se croit en sécurité il nous mette la main dessus...
-Je soupçonne une caméra thermique... Mais c'est pas le sujet! On est sous un buissons dans le lit d'une rivière périodique enfoncé
d'un bon mètre sous la surface du sol. On a le centre du complexe en axe de tir, la nuit commence a tomber, il nous reste un m24 et sa dizaine de balle, un m4 avec sa farandole de chargeur...
-... l'en reste cinq, des chargeurs...
-... et cinq chargeurs donc, un M9 et un P226 avec 32 balles chacun, deux grenades a frag, une radio onde courte, un fumigène et 50m de paracorde...
-Ainsi que deux hamburgers en boite, trois caramel et un litre d'eau et demi..."
La dernière réflexion raisonna longtemps au dessus des sables du petit relief montagneux...
"On est vraiment dans la merde hein?"
Ronan hocha la tête... De son point de vue, la seule chose susceptible de leur sauver la mise, ce serait une espèce de miracle...

Installé a une table de son confortable Mess, Spenncer sirotait du bout des lèvres un whisky de marque agrémenté de deux glaçon. Certes, le malt supporte mal de se faire martyriser avec des glaçons, mais il faut reconnaître que lorsque la température ne descend pas en dessous de 40°c, même la nuit, on apprécie de lui faire subir ce petit affront. Il reposa son verre sur la table avec soins. L'homme devant lui ne lui inspirait aucune confiance. Pour commencer, Spenncer n'aimait pas les moustaches, se méfiait des vieux et avait horreur des frimeurs qui jonglent avec leurs flingues. Il appréciait
aussi moyennement les fortes personnalité qui voulait lui en imposer en riant bruyamment et a tout propos. Toutes ces réflections faites, le vieil homme avait le genre de carrure à vous faire garder pour vous vos récriminations.
"Je vous assure que nous avons la situation en main, monsieur. Les unités de l'oncle Sam on été mise en déroute et en partie exterminée!
-Ahahahaaa! Je l'espère bien pour vous! Je sens qu'il n'est pas loin! Rappellez-vous nos... accords..."
Spenncer lâcha un imperceptible soupir. Trop de théâtral tuait le théâtral. Histoire de se reprendre et de ne pas mettre son interlocuteur en rogne (un dingue capable de piloter un Hind dans une tempête de sable forçait a un certain respect... Surtout quand on est soi-même atteint de vertige chronique...), Spenncer jeta un regard par la fenêtre du bâtiment.

Son interlocuteur grisonnant haussa un sourcil devant le raidissement
de son vis à vis:
"Vous allez bien?
-Euh... Oui... Rien, j'ai du faire une erreur... Je vous assure que
tout se déroule selon le plan!"

Spenncer n'allait quand même pas avouer qu'il venait de voir un carton d'emballage traverser subrepticement une ruelle de son camp a la faveur de l'obscurité...

Jenkins se décolla l'œil de l'oculaire de sa lunette.
"Je dois être plus fatigué que je ne pensais...
-Quoi?
-Je viens de voir un carton traverser la cours intérieur!
-Y'a pas de vent...
-Il...
-Quoi?
-Il avait des jambes...
-...
-Ronan?
-Je prend le tour de garde, toi, tu mange un morceau et tu dors!
Laisse-moi la place..."

L'appareil était maintenant en phase finale d'approche de son objectif. Le pilote n'était pas à l'aise, mais c'était plus un effet de l'excitation que de la trouille! Le pilote profitait pleinement d'un sentiment de pouvoir absolu. Il réalisait un rêve de geek en volant a travers le désert au commande d'un gigantesque tank mobile armé d'ogive nucléaire. Et dire qu'il avait collectionné les figurine Patlabor et rêvé devant Evangélion...
Bon, bien sûr, son copilote n'était pas une jeune lycéenne en mini-jupe doté d'un sans-gène délicieusement excitant, mais ça n'importait pas beaucoup.
Du reste, si on lui avait demandé son avis, il ne se serait pas inspiré du bousier commun pour concevoir l'extérieur de l'engin! Chais pas, un dragon, ou un ptérodactyle, ça aurait quand-même été plus classe! Enfin, en attendant, il allait enfin pouvoir tester la puissance de feu de l'appareil! Trois unités complètes avaient été sacrifié pour clouer sa cible au sol afin de lui laisser le temps de se dégourdir les tuyère, il allait faire en sorte que leur sacrifice ne soit pas vain!


Le Nexus allait raser cette petite base et rentrer, glorieux au pays!

L'homme, accroupis dans l'ombre assura son pistolet hypodermique et vérifia, par habitude, que le silencieux était bien en place. Avec un mouvement très vaguement arthritique, il posa sa main droite sur son oreille et resta aux aguets un petit moment. Hochant la tête a part-lui, il se glissa dans l'ombre et se faufila le long du mur entre un rang de poubelle et une échelle de sécurité. D'un bond étonnamment agile pour son âge il atteignit un rebords duquel il gagna le toit du bâtiment. Il rampa sur une vingtaine de mètre avant de prendre soigneusement sa visée sur un garde qui, pour une raison inconnue tournait en rond au pied d'un lampadaire. Le pistolet fit "kllk" et le garde fit "blarf"... L'ombre continua son chemin résolument, il ne manquait pas de cible...

Ronan fronça les sourcils. Le garde s'était écroulé en arrière et visiblement, il ronflait comme un sonneur. Un mouvement furtif attira son regard. Quelqu'un, ou quelque chose, faisait le ménage parmi les gardes. Du bout du pied, il tapota la cheville de Scott qui dormait a ses cotés.

"Je crois qu'il se passe quelque-chose."
Scott, sans un mots, se remis en position derrière l'Eotech greffé de sa M4
"Ou?
-250m, face sud du bâtiment, tu vois le garde allongé?
-Celui qui dort?
-Affirmatif.. Suis le bords du bâtiment sur la gauche jusqu'à l'avancée du toit!
-Ho merde..."

L'homme en noir venait de se relever et saisi le menton du garde en
même temps qu'il lui coinçait les épaules de son bras gauche et les reins de son genoux. Le craquement sonore et le bruissement léger du garde qui s'écroulait retentirent a peine plus qu'un pet de
moustique...

Si on cherche a entrer quelque part, le plus simple est d'attendre que quelque chose attire l'attention a l'opposé... Ronan et Scott échangèrent un regard...
"Je crois qu'on aura pas de plus belle occasion, Scott! On fonce, on se place sur le toit et dès qu'on a l'occasion, on pique un véhicule!
-Et la mission?
-Sauver nos culs... T'en pense quoi comme nouvel objectif?"

Une seconde plus tard, les deux hommes dévalait la pente poussiéreuse de leur abris, plongeaient dans les ajoncs en grimaçant,
traversaient en rampant la placette et se glissait dans l'échelle de sécurité a l'ombre salvatrice du hangar principal... Moins d'une minute plus tard ils étaient allongés sur le bloc de climatisation du bâtiment, profitant de la fraîcheur du vase d'expansion, abrités des regards par une bâche, l'œil dans la lunette et un ultime caramel en bouche...
"Et maintenant?
-Ben... On attend de voir?"

Spenncer raccompagnait son hôte a son hindt, passablement soulagé de s'en débarrasser enfin. l'homme sauta aux commandes et se posa sur les oreilles le casques de pilotage.
"Et n'oubliez pas, cher amis, le colis ne devrait pas tarder a arriver! BWAHAHAHAAAA!!!"
Spenncer ravala une remarque cinglante et ouvrit la bouche. Ce qui en sorti n'avait pas grand chose de compréhensible, sans doute parce qu'au même moment, une balle de 7,62 se frayait un chemin entre ses omoplates, sectionnait la colonne vertébrale, arrachait l'aorte en emportant un bout de ventricule. Le genre de tir qui vous coupe durablement la parole.

Ocelot considéra son homme de main s'écroulant dans son sang et sans un mouvement de moustache enfonça la commande d'élévation de l'appareil qui bondit en l'air... Spenncer avait perdu la vie en même temps qu'une bonne partie de sa poitrine. Surpris ses hommes de mains, ne sachant absolument pas d'où venait le tir se bornèrent a sécuriser la zone et a tenter de sécuriser ce qui restait de leur commandant. Dans la confusion brève qui suivit l'impact, personne n'aperçut la silhouette sombre qui s'accrochait aux patins du Hindt.

"Prends ça fils de pute!
-Ronan? Je croyais que notre mission était de sauver notre cul?
-Oui, mais je me voyait mal rater l'occasion de faire un deuxième trou d'balle à ce salopard...
-En attendant, ils savent qu'on est là maintenant...
-Pas forcément...
-Ah? Tu pense qu'il peuvent prendre un tir de M24 pour un accident de mouette?
-Naaan, j'veux dire que s'ils pense avoir éliminé la première menace, ils imaginerons sans aucun doute que le tir venait de l'extérieur du camps!"


Ronan eut un sourire carnassier en voyant deux unité de reconnaissance s'égayer dans les arbustes du bord de route.

Le détecteur de mouvement et de chaleur restait désespérément négatif. Pas la moindre trace de ce putain de camp! Le pilote commençait a s'impatienter, les missiles auto-guidé de défense et l'auto-canon lourd a énergie le démangeais de plus en plus et, s'il ne trouvait pas rapidement le bon défilé ou s'enfoncer pour rejoindre sa cible, il allait se gratter sur le premier village de chevrier qui aurait le malheur de se trouver sur son chemin. Un hélicoptère lui passa en vrombissant entre les tuyères. Le Nexus ne sembla pas s'en inquiéter, comme s'il ne l'avait même pas aperçu...

Moins d'un quart d'heure plus tard, il virait de bord et remontait, un sourire carnassier aux lèvres, le défilé pour rejoindre le petit plateau naturel où les Praying Mantis attendaient leur juste rétributions...

Seulement voilà, occupé a chercher l'unité responsable de la mort de leur commandant, les mercenaires n'étaient absolument pas a leur poste et en aucun cas près a riposter face au "Metal-gear" de seconde génération qui leur fonçait dessus...

On peut décrire une explosion de différente façon selon qu'on soit en son cœur ou à son abords, qu'on soit celui qui l'a provoqué ou celui qui la subit. En général, on parle d'une lumière aveuglante qui prend brusquement de l'ampleur dépassant le simple blanc pur pour atteindre un spectre au delà de la luminosité qui traverse les paupières comme si elles étaient simplement transparente...

Le souffle de la première roquette, tirée un peu a l'aveuglette avait soufflé le camouflage des deux rescapés et Ronan ne devait la survit de sa vision nocture qu'au réflexe étrange de s'être enfoncé sa casquette sur le visage.

Un peu étourdi par l'explosion qui venait de frapper le bâtiment voisin et sourd d'une oreille, Jenkins se redressa sur un genoux et ouvrit le feu sans se poser de question sur le monstre métallique qui, dans la lumière des détonation, ressemblait a un scarabé de cauchemar.
"Putain mais c'est QUOI ce truc nom de dieu!!!"
Ronan roula sur le coté et se jeta derrière un muret écorné. Il plaça le fut de son arme sur un tas de grava et actionna le levier d'armement de son m24:
"Scott! Couvre ma gauche, j'essaye un truc!!!"

Le m24 entra en action et manqua sa cible d'une bonne dizaine de
mètre. Scott plongea a son tour a couvert.
"Ronan?
-Quoi?
-C'est quoi cette merde?"
Ronan garda le silence un moment, regardant les unités au sol tenter de percer le blindage du monstre de toute les façon possible et imaginable.
"J'en ai aucune idée, Scott... Mais je doute que ça fasse le tri entre PMC et Soldat du rang..."

Une rafale de 50mm découpa le béton entre les deux hommes.
"Va falloir trouver un moyen de le ralentir si on veut s'en tirer vivant, Ronan!
-Moi je veux bien, mais le m24, c'est pas l'idéale pour ce genre de cible! A choisir j'aurais..."
Une nouvelle rafale leur coupa la parole.
"J'aurais pris un canon de 107!
-Il rentrait pas dans ton paquetage je pari..."

Les deux hommes s'entre-regardèrent avant d'éclater d'un rire nerveux inextinguible!

Ronan s'essuya les yeux et jeta un oeil par dessus le muret, devant lui, une pente de débris s'était formé et menait tout droit au cœur d'un des bâtiments jouxtant le mess...
De son coté, Scott détaillait le mécha autant que possible. Ronan, concentré sur son observation, ne le vit pas froncer les sourcils puis se décolorer...

"Scott! Le bâtiment là, c'est l'armurerie! On a peut-être une chance de s'en sor... quoi?
-Ce truc... C'est un lanceur nucléaire...
-Quoi?
-Il a une ogive trident sur le bras... la pattes... l'extension gauche.
-Mais c'est complètement con! Il pourrait pas s'éloigner assez vite pour..."

Un silence plana entre les deux hommes...

"Ok, je vois... Il est conçu pour résister au radiation... Il on décidé de raser cet endroit... On ne devait pas rentrer quoiqu'on ai fait pour..."

Scott baissa le nez sur son arme...
"Écoute, je te propose quelque chose mais ça risque de nous coûter cher..."
Ronan se redressa sur un coude...
"Je suis pas sûr d'être taillé pour le noble sacrifice. Je suis plutôt du genre a m'accrocher a la vie comme un morpion a une couille, mais je t'écoute...
-On flingue son système de guidage
-Ho?
-C'est bien l'armurerie là, non?
Joignant le geste a la parole, Scott pointa le doigt vers le bâtiment
éventré.
"Oui...
-Y'a bien un M82 quelque part, non?
-Ben...
-On cible le système de guidage, on le détruit et on se casse! Il fera pas feu sans son système de guidage..."

Ronan regarda son compagnon avec un mélange d'incrédulité, de franche admiration et un sourire crispé de crétin.
"T'es sérieux... T'es sérieux en plus!
-Si on fuit, on se fera ratraper par l'onde de choc! A moins que tu sache piloter un hélico..."
Un crash sonore et une paire de pales le passa en vrombissant au dessus de la tête...
"S'il en restait un en état de marche j'veux dire..."
Ronan s'affaissa.
"J'imaginais pas franchement finir comme ça, mais bon... On fonce?"

Les deux hommes se laissèrent tomber sur le sol, m4 et P226 en main et entreprirent de progresser rapidement et tactiquement jusqu'au trou dans le mur du stock d'arme. Autour d'eux la bataille faisait rage! A l'évidence, le véhicule blindé s'amusait avec ses cibles.
Ronan plongea littéralement a travers la brèche du mur. Un fracas bordélique indiqua a Jenkins, qu'au moins, le local n'était pas vide...
"Clear..." déclama une voix blasée pendant que Scott se plaquait au mur et sécurisait l'accès!
"Et ben reste pas planté comme une courgette! Prends ce qu'il te faut et sort, bougre de crétin!
-De crétin des alpes s'il te plait" lui répondit une voix assourdi au milieu de bruits de caisses qu'on éparpillait sans ménagement!
"Quoi?
-De crétins des alpes! J'y tiens!" Scott se massa l'arrête du nez...
"Tu crois VRAIMENT que c'est le moment de faire de l'esprit, PUTAIN!!?"
Ronan s'extirpa du trou, un magnifique Barret M82 A1 tout juste sorti de sa case en plastique sur l'épaule.
"J'en vois pas de meilleur! Tiens moins l'ouvre-boite, je cherche ses accessoires!"
Scott remisa l'imposant fusil antichar a ses cotés en maugréant pendant que Ronan ressortait avec 5 chargeur plein dans un cabas a fleur.
"Qu'est ce que...
-Y'avait que ça! On dégage!!!"

La porte du mess des officier pendait sur un gond. Les deux hommes la franchir en silence.
"Clairier...
-Quoi?
-Je dit, "Clairier"! C'est la marque de la chambre froide!"
Scott haussa les épaules... Il y avait sans doute une blague débile a comprendre mais pour le moment, le Marines n'avait pas la tête a ça!

Ronan déplia le bipied de son fusil et le posa sur une table avant de tirer a lui une chaise qu'il retourna pour s'asseoir dessus a califourchon.
"Bon, plus qu'a attendre ce fils de pute..."
Scott se plaça en avant du fusil, le m4 coincé sur un sac et l'œil dans la lunette!
"Comment on s'y prend, Ronan?
-Ok! Va falloir que tu me donne la distance, la force et la direction du vent!
-Ok, alors... Tu vois le poteau au fond de la cours?"
Un craquement sinistre accompagna la déclaration...
"Celui qui vient de s'effondrer?
-Il était a 200m...
-Noté!"
Petits clics nerveux...
"Ok, le vent?
-Je dirait moins de 10km par heure!
-Négligeable! Direction?
-De 10h a 4h!"
Nouveau clics...
"Bon, a quoi ressemble ma cible!
-Dès que je le sais je te le dis...
-[size=9]Ho bordel...[/size]"
Ronan actionna le levier du barret en pestant a voix basse...

Le Nexus se comportait bien! Le pilote était ravis! Il voyait par ses yeux, comme dans Evangélion, c'était du délire! Le pilote s'éclatait comme un gamin de 12 sur une borne d'arcade qui vient de découvrir que le joueur précédent est parti en laissant trois parties gratuite sur l'appareil!
Mais bon, s'était pas le tout, il allait devoir finir le boulot! D'autant que les cibles commençaient a se faire rares!

Scott fixait la gigantesque silhouette dans sa lunette... A cet instant précis, il se demanda sincèrement ce qui lui avait pris... Mais une part de lui restait parfaitement concentrée! Il resserra la bague de zoom de la lunette du m24 qu'il avait transféré sur son m4 et fixa toute son attention sur le br... la pa... l'appendice articulé ressemblant a une patte d'insecte a gauche du cokpit.
L'ogive, la pince de rétention, les volets de stabilisation, le système de mise a feu et... Vu!!!

"Ronan! Sur le bras gauche! Au dessus du trident, un boîtier rectangulaire avec 3 câble d'alimentation et une pièce circulaire...
-Vu!!!"
Le doigt du Suisse s'enfonça sur la détente, le coups parti, avant même que le recul du fusil ai été complètement absorbé par le ressort de culasse, Ronan avait pressé la détente a deux reprises supplémentaires...

Les trois ogives décrivirent une courbes gracieuses dans l'espace! La première sectionna un câble situé 50cm plus bas que le boîtier indiqué, la seconde percuta la structure de maintiens 3cm a gauche et la dernière défonça proprement le boîtier, le séparant de la structure sur laquelle il était vissé...

"...le système de visé est juste AU DESSUS BORDEL DE MERDE T'AURAIS PAS PU ME LAISSER FINIR MA PUTAIN DE PHRASE!!?
-Oups..."

Le Nexus pivota! Dans son cockpit, le pilote éclata d'un rire, sinon diabolique, au moins extatique! Sans prendre une seule seconde garde au voyant "pression en baisse" du système hydraulique de rétention de l'ogive auto-portée a courte distance de type "trident", il enfonça le dispositif de mise a feu...

"Mais je pouvais pas savoir que t'avais pas fini ta phrase
bordel! Je..."
Ronan se redressa, vaguement inquiet voir franchement paniqué...
"Euh... Scott?
-QUOI!!?
-La chambre froide...
-C'EST PAS LE MOMENT PUTAIN ON A UN Tan... ho..."
Sans plus de concertation, les deux hommes jaillirent hors de leur siège et foncèrent vers la chambre froide, Ronan y parvint en premier et l'ouvrit a la volé pendant que Jenkins plongeait a l'intérieur. Dans le même temps, l'ogive trident allumait son système porteur et crachait une gerbe de carburant enflammé. A peu près a la même seconde, l'avertisseur d'impact retentissait dans le csaque du pilote du Nexus qui sentait l'accélération violente de l'ogive, toujours solidaire du "métal-gear" sur lequel elle avait été greffé! Ronan s'arc-bouta pour refermer la porte alors que le Nexus plongeait en avant, perdant l'équilibre, propulsé par sa patte gauche, folle, et venant terminer sa course sur le bâtiment central avant qu'ogive et véhicule n'explosent d'indignation.




Les derniers mots du pilotes furent quelque chose comme "et mer..." mais la boite-noire ayant été vaporisée, ses derniers mots ne furent jamais transmis a sa veuve.


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#8 2012-10-14 14:06:34

Renan
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Re : [Background] De La Suisse, Naturellement...

Metal-Gear Nexus, Epilogue


La lourde porte blindée hésita un moment avant de retomber lourdement sur place.
"Aïe..." fit une voix étouffée de derrière l'imposant ouvrage.
"On essaye encore, on va pas rester la dedans indéfiniment?
-De quoi tu te plains... On a a manger non?"
Un nouveau grincement retenti de derrière l'édicule en ruine...
"A bouffer peut-être, mais rien pour le faire cuir! Et crois-moi, vu que le système de refroidissement a passer le fréon a gauche, ça va vite devenir irrespirable! Allez, Scott file-moi un coup de main merde!"
La voix joyeuse de l'américain s'éleva de nouveau
"Booohaaa! Tu vois tout en noir!
-Hmm... Tu bois quoi au fait depuis qu'on est là?
-Chais pas... Mais c'est bon!
-Fais voire?"
Bruit de verre et de bouteille...
"Mais... Bougre de crétin! C'est du whisky! Tu m'étonne que tu glousse comme une dinde depuis 3h! t'en a bu combien?
-Chais pas... Deux trois flacon...
-Faut qu'on sorte de là! Allez, debout et pousse!"
Nouveau grincement, la porte se redresse une nouvelle fois et bascule a nouveau, dans le bon sens cette fois. Dans la lumière vacillante d'un matin qu'un poète dramatique aurait qualifié de "blême", un Ronan fatigué flanqué d'un Scott alcoolisé émergèrent,
visiblement très éprouvé.
Ronan s'appuya lourdement sur le montant en ruine de la porte et regarda autour de lui...
"Bon... Ben on est vivant... Je sais pas pour combien de temps vu qu'on était dans l'épicentre d'une explosion nucléaire, mais jusqu'ici, ça va..."

Scott s'assit a même le sol et tendis au sniper Suisse une barre de céréale. Le Suisse s'en saisi avec un hochement de tête approbateur et se mis a la mastiquer pensivement.

Scott se redressa.
"Foutral, c'est quoi ça encore?"
A l'horizon, un nuage de poussière avançait dans leur direction.
"On dirait un VAB..." lâcha Ronan entre deux mastication.
"chuis trop crevé pour envisager de me barrer pour le moment...
-Vendu, on va voir ce qu'il veut."
Scott tira sa m4 vers lui et l'arma pensivement. Un claquement indigné lui répondit... Les deux hommes laissèrent tomber leur regard sur l'arme, trappe d'éjection fermée et levier bloqué a mi-course.

"Ho fait chier..." lâcha Scott...

Pendant que son compagnon tentait de remettre en fonction son arme de service, Ronan regardait le VAB blanc s'approcher de toute la puissance de ses 6 roues motrices. Pas d'arme d'affût, Ronan remis
son pistolet dans son holster, au point ou on en était.

Le VAB se gara à quelques mètres des deux compères dans un crissement de ses imposants pneus. Le haillon arrière s'ouvrit doucement.
"Hoho... Je ne m'attendais pas a trouver des survivants ici! Tant mieux, c'est meilleur pour le commerce s'il y a des acheteurs a qui refourguer du matériel..."

Scott considéra son interlocuteur avec des yeux ronds...
"Putain... un singe qui parle...
-Bon, très drôle votre numéro de ventriloque, mais là, je me sens pas en état de rire... Sortez de là!"

Un homme se glissa hors de véhicule dans un costume impeccable, lunette de soleil sur un visage au teint de bois précieux.

"Messieurs..." fit il d'un ton affable, "je me présente Drebin 893, marchant d'arme! je suppose que si vous êtes là, c'est que vous risquez d'avoir besoin de mes services..."
Ronan pointa son arme sur l'homme.
"Houlà... Je te préviens, on a pas d'or mais on a du plomb!!!"
Le vendeur sourit a demi...
"Vous ne pourrez pas utiliser votre arme sur moi, vos nanomachines vous en empêcherons..."
Une détonation sèche claqua dans l'air et le sol aux pieds de l'homme s'orna d'un cratère supplémentaire.
"J'ai jamais aimé les piqûres... Tu va bien nous faire un prix d'amis?"

Scott se redressa sur ses pieds. et jeta son m4 au loins...
"Foutu mécanique, cette fois elle est morte...
-Scott, dit bonjour au monsieur..."
Le nettoyeur leva les mains en signe de bonne volonté.
"Écoutez, je ne vais pas être vache... Je peux pas vous laisser là après ce a quoi vous avez échappé. Voilà ce que je vous propose, je vous équipe pour que vous puissiez survivre et vous me payerez en travaillant! Une rébellion est en cours dans le nord, je vais avoir besoin de rabatteur! Ça vous va?"

Ronan rengaina son arme...
"Ça me va... Dernière question, tu as de la crème solaire?
-De la crème sol... !? Non... Pourquoi?
-J'ai tout le coté gauche du corps qui a brûlé... Sans doute le soleil..."


L'homme fronça les sourcils et s'approcha du Suisse en tendant devant lui un petit appareil de mesure. L'engin se mis a craquer follement. Ronan, Scott et Drebin restèrent un moment a regarder en silence le compteur geiger s'affoller...

"Je crains que ce ne soit pas le soleil...
-Et merde...
-J'ai des pastilles d'iodes dans le VAB, vous en voulez?"
Ronan hocha la tête entrepris de monter a bord du véhicule, suivit
de près par Scott.


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